Par Léon ENGULU III
Porte-parole de la Souveraineté Loyaliste (SL69)
Secrétaire technique
des Rencontres de préparation
du Dialogue intercongolais (CIPDD/Sant’Egidio),
Palais des Congrès de Bruxelles (juin 1999)
Dans un entretien accordé au journal Ouragan le 1er septembre 2026, le président du parti Envol, Delly Sesanga, membre de la coalition C64, sest fendu dune charge virulente contre le Dialogue national annoncé par le Chef de lÉtat. Il y invite le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à « préparer ses valises pour quitter le Palais de la Nation en 2028 ». En qualifiant ce rassemblement salutaire de « monologue encadré » et de « gâchis », M. Sesanga oublie de manière déconcertante les termes de l’article 69 de la Consitution de 2006.
LArticle 69 face à l’agression rwandaise
Lopposition de Delly Sesanga au format du dialogue annoncé par Félix Tshisekedi perd de vue quen vertu de larticle 69 de la Constitution du 18 février 2006, le Président de la République est l’incarnation de l’unité nationale, le garant de lindépendance nationale, de lintégrité du territoire, du respect des traités et du fonctionnement régulier des pouvoirs publics.
M. Sesanga tente de faire croire que notre pays traverse une crise politique et institutionnelle interne dont le pouvoir en place serait le responsable. Cest une posture politicienne sans fondement, la RDC ne traverse aucune crise institutionnelle ou de légitimité qui justifierait une redistribution des cartes politiques. Félix Tshisekedi a été proclamé Président de la République par la CENI et a pris ses fonctions en présence de son prédécesseur Joseph Kabila. La réalité est connue de tous : la RDC fait face à une agression de grande ampleur, documentée par les instances internationales, menée par le Rwanda à lappui de son bras armé et supplétif, lAFC/M23 dirigée par Corneille Nangaa.
Le Dialogue annoncé par le Chef de l’État ne constitue en aucun cas une table ronde de partage du pouvoir ou d’auto-légitimation. Il s’inscrit dans la droite ligne du Mémorandum de Cadrage Stratégique adressé dès le 17 janvier 2026 au Président de la République par des membres de la Souveraineté Loyaliste (SL69), en réaction au format de dialogue euthanasique qualifié d« inclusif » par lopposition à la condition dy intégrer lAFC/M23. Lobjectif du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de lÉtat » proposé par le Président Félix Tshisekedi consiste à mobiliser lensemble des forces vives de la Nation, dans les 25 provinces et dans la capitale, autour de la paix, de lintégrité du territoire et de la souveraineté nationale. Exiger du garant de la Nation quil renonce à exercer la prérogative prévue par larticle 69 prouve à suffisance que lopposition propose en réalité un pseudo-dialogue de positionnement politique et cherche à dédouaner lAFC/M23 de ses crimes doccupation sous couvert d« inclusivité ».
La théorie politique contredit le C64 et Sauvons la RDC
La position défendue par Delly Sesanga et la Coalition C64, comportant des figures comme Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Matata Ponyo ou Jean-Marc Kabund, partagée par le rassemblement Sauvons la RDC opérant à lextérieur et animé par Joseph Kabila, seffondre dès quon confronte ses arguments aux fondements de la science de lÉtat.
Il est nécessaire de rappeler à cette coalition hétéroclite que déjà chez Jean Bodin et Thomas Hobbes, la souveraineté est indivisible, absolue et consubstantielle au monopole de la violence légitime. Un État républicain ne peut, sous peine de se dissoudre lui-même, négocier l’exercice de sa souveraineté avec des factions armées financées par des puissances étrangères. Exiger dasseoir à la table de la République des supplétifs terroristes, c’est consacrer l’euthanasie de l’État congolais.
Carl Schmitt, avec sa grille danalyse Ami/Ennemi, enseigne que le propre du politique réside dans la capacité de l’autorité suprême à désigner l’ennemi. L’erreur tragique de M. Sesanga, de la Coalition C64 et de Sauvons la RDC, consiste à confondre l’ennemi extérieur, lagresseur rwandais et ses utilitaires de l’AFC/M23, avec les partenaires naturels d’un débat démocratique interne. En RDC, la prérogative institutionnelle et politique de désigner lennemi revient au Président Félix Tshisekedi en vertu de larticle 69 de la Constitution.
On fera également observer aux membres du C64 et de Sauvons la RDC que, selon le principe républicain de la « Démocratie militante » (Militant Democracy) théorisé par Karl Loewenstein, les instruments de la concertation démocratique ne doivent jamais servir d’arme à ceux qui ont pour agenda la destruction de l’ordre constitutionnel et le morcellement du territoire. Aucune démocratie ne doit rester naïve face à ses ennemis. La RDC a le droit et le devoir éthique dutiliser tous les moyens reconnus par le droit international pour se défendre contre les mouvements extrémistes soutenus par lextérieur qui cherchent à lanéantir.
Les bourreaux ne siégeront pas avec les victimes
Le grand cheval de bataille de M. Sesanga et de ses alliés reste le mot d’ordre d’« inclusivité ». Mais de quelle inclusivité sagit-il ? Si, sous ce vocable séduisant, l’opposition entend faire participer les criminels de guerre, les individus sanctionnés par la communauté internationale et les marionnettes de l’AFC/M23, la Nation congolaise répondra par un NON catégorique, avec la plus extrême fermeté.
Insister pour intégrer ces groupes armés sous prétexte qu’ils occupent militairement des portions du territoire national, c’est valider la stratégie du chantage par les armes. Cest rééditer le compromis politique de Sun City, ainsi que les schémas dévastateurs de mixage et de brassage qui ont infiltré et affaibli nos forces armées, nos services de sécurité et nos institutions pendant deux décennies.
Aucun Congolais membre de la Souveraineté Loyaliste (SL69) ne permettra que les bourreaux du peuple congolais viennent s’asseoir à côté des représentants légitimes de la Nation. En annonçant la convocation dun Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de lÉtat, le Président Félix Tshisekedi a rappelé avec justesse quil convient de dissocier la gestion diplomatique ou militaire du conflit, qui se traite dans les formats internationaux dédiés (Luanda, Doha, Washington), des Assises citoyennes de la Nation. Vouloir mélanger les deux revient à offrir une prime à l’agression et à légitimer le viol de notre sanctuaire national.
Félix Tshisekedi reste en fonction au-delà de 2028
M. Sesanga sermonne le pouvoir sur l’échéance électorale de 2028. Mais que vaut une élection en 2028 avec des portions de nos provinces du Kivu occupées ? La préoccupation fondamentale du peuple congolais n’est pas de savoir qui occupera les fauteuils ministériels dici 2028, mais de savoir si la République Démocratique du Congo existera encore en tant qu’État uni, libre et indivisible.
Lurgence de la patrie nattend pas les manuvres de positionnement d’une opposition sans projet de société. Le Dialogue annoncé ne vise pas à modifier la Constitution pour des intérêts partisans, mais à accoucher dun Pacte National d’Intangibilité et de Souveraineté. Ce Pacte verrouillera juridiquement et constitutionnellement l’interdiction définitive d’intégrer des rebelles et traîtres dans nos institutions et sanctuarisera l’effort de guerre national.
Non, Monsieur Sesanga. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ne « préparera pas ses valises » pour faire plaisir aux relais de Kigali. En sa qualité de Commandant Suprême et de garant de la Nation (Art. 69), il restera aux commandes de l’État jusqu’à la libération totale du territoire national, la défaite définitive des agresseurs et le rétablissement complet de la paix.
L’histoire ne retiendra pas les discours dilatoires de ceux qui, au moment où la patrie brûle, réclament une place à table pour les incendiaires. Elle retiendra le Sursaut de Souveraineté d’un Peuple debout derrière son Chef pour sacraliser ses frontières et préserver son héritage national.
Léon ENGULU III
Porte-parole de la Souveraineté Loyaliste (SL69)
Ancien Coordonnateur intérimaire
du Mécanisme National de Suivi
de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba
Ancien Secrétaire technique des
Rencontres de préparation du
Dialogue intercongolais (CIPDD/Sant’Egidio),
Palais des Congrès de Bruxelles (juin 1999)
