Martin Lukusa face à l’échec de sa gestion : combien d’incidents faudra-t-il encore avant que les responsabilités soient établies ?
Il faut désormais avoir le courage de le dire clairement : le bilan de Martin Lukusa à la tête de l’ONATRA mérite un examen sans complaisance.
Pendant que la communication autour du directeur général occupe l’espace médiatique, les problèmes de fond demeurent. Les incidents ferroviaires, les interrogations sur la maintenance, l’état des infrastructures, le fonctionnement du matériel et le malaise exprimé par certains agents imposent une question simple : où sont les résultats de Martin Lukusa ?
Un directeur général d’une entreprise publique n’est pas nommé pour construire sa propre image. Il est nommé pour faire fonctionner l’entreprise.
Et c’est précisément sur ce terrain que Martin Lukusa doit être jugé.
MARTIN LUKUSA : LES EFFETS D’ANNONCE NE RÉPARENT PAS LES VOIES
On ne remet pas une entreprise ferroviaire sur les rails avec des discours.
On ne sécurise pas les voyageurs avec de la communication.
On ne modernise pas une flotte avec des annonces.
On ne ressuscite pas le transport fluvial avec des opérations de visibilité.
Il faut des investissements, de la maintenance, de la discipline, des équipements opérationnels et surtout des résultats mesurables.
Or, les questions restent nombreuses.
Quel est l’état réel du réseau ferroviaire ?
Combien de locomotives et de voitures sont effectivement opérationnelles ?
Quel est l’état des unités flottantes ?
Quelles sommes ont été consacrées à la maintenance ?
Quels résultats financiers et opérationnels ont été obtenus ?
Et pourquoi les usagers continuent-ils à faire face à autant de difficultés ?
Martin Lukusa doit répondre.
UNE GESTION PUBLIQUE DOIT ÊTRE EXEMPLAIRE
Plus préoccupant encore, des accusations circulent sur une utilisation contestée des ressources de l’entreprise à des fins de promotion personnelle et familiale, notamment autour de dédicaces artistiques.
Dans une entreprise publique confrontée à des besoins criants, la moindre dépense doit pouvoir être justifiée par l’intérêt de l’ONATRA.
Si des ressources de l’entreprise ont effectivement été utilisées à des fins étrangères à sa mission, les responsabilités doivent être établies et les comptes doivent être demandés.
KOKOLO ET EBEYA : LE SYMBOLE D’UNE GRANDEUR PERDUE
L’ONATRA avait autrefois une véritable puissance de transport.
Ses bateaux, ses unités flottantes, ses infrastructures portuaires et ferroviaires constituaient un outil stratégique pour relier les populations et soutenir l’économie nationale.
Kokolo et Ebeya ne sont pas seulement des noms de bateaux. Ils symbolisent une époque où l’ONATRA disposait d’une capacité réelle à transporter les Congolais sur le fleuve Congo.
La question que doit affronter Martin Lukusa est donc fondamentale :
qu’a-t-il fait pour reconstruire cette puissance ferroviaire et fluviale ?
LE PROBLÈME N’EST PLUS DE SAVOIR SI MARTIN LUKUSA COMMUNIQUE BIEN
Le véritable problème est de savoir s’il gère bien.
La communication ne doit jamais devenir un écran destiné à masquer les insuffisances d’une gestion.
Si Martin Lukusa estime que son bilan est positif, qu’il produise les chiffres.
Qu’il présente l’état du parc.
Qu’il présente les investissements.
Qu’il présente les résultats financiers.
Qu’il présente les progrès réalisés dans le transport ferroviaire et fluvial.
Les chiffres doivent parler à sa place.
IL EST TEMPS DE METTRE FIN À L’IMMOBILISME
L’État propriétaire ne peut pas rester spectateur.
L’ONATRA est une entreprise stratégique. Elle mérite une direction capable de prendre des décisions difficiles, de restaurer la discipline, de moderniser les équipements et de produire des résultats.
Si l’évaluation de la gestion de Martin Lukusa confirme les insuffisances dénoncées par ses détracteurs, alors son départ doit être sérieusement envisagé.
Ce ne serait pas une sanction politique. Ce serait une décision de gouvernance.
Car lorsqu’un mandataire public n’est plus en mesure de répondre aux exigences de sa mission, l’intérêt de l’entreprise doit passer avant l’intérêt du dirigeant.
MARTIN LUKUSA : LE TEMPS DES EXCUSES EST TERMINÉ
Le déraillement du train ne doit pas être transformé en simple polémique médiatique.
Il doit être l’occasion d’un véritable audit de la gestion de l’ONATRA.
Voies ferrées. Trains. Bateaux. Ports. Maintenance. Finances. Ressources humaines. Investissements.
Tout doit être passé au crible.
Et si cet examen établit que Martin Lukusa a échoué à redresser l’entreprise, alors il doit en tirer les conséquences.
L’ONATRA n’a pas besoin d’un dirigeant qui occupe l’espace médiatique. Elle a besoin d’un dirigeant qui remet les trains sur les rails et les bateaux sur le fleuve.
MARTIN LUKUSA DOIT RENDRE DES COMPTES. ET SI SON BILAN EST DÉFAILLANT, IL DOIT PARTIR.
Antoine Botshili
