Deux jours après la marche de l’opposition organisée mardi 15 septembre à Kinshasa, le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS, Augustin Kabuya, annonce le lancement, dès ce vendredi, des consultations avec les partis politiques alliés et les différentes structures favorables à Félix Tshisekedi. Objectif affiché : préparer une mobilisation d’une ampleur inégalée le 22 septembre et démontrer que le peuple congolais est derrière le chef de l’État.
Une nouvelle bataille de mobilisation politique se profile à Kinshasa. Deux jours après la marche de l’opposition du mardi 15 septembre, Augustin Kabuya a réagi lors d’une causerie morale tenue jeudi 17 septembre à la permanence de l’UDPS.
Le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS a contesté l’ampleur de la mobilisation de l’opposition et annoncé, dans la foulée, une nouvelle mobilisation de son camp pour le mardi 22 septembre.
Pour Augustin Kabuya, ce rendez-vous doit constituer une véritable démonstration de force de l’UDPS et de ses alliés, avec pour ambition de montrer, devant l’opinion nationale et la communauté internationale, l’ampleur du soutien dont bénéficie Félix Tshisekedi.
Un « succès inédit » en préparation
L’UDPS veut désormais faire du 22 septembre une journée de forte mobilisation en faveur du chef de l’État.
Augustin Kabuya a annoncé le lancement, dès ce vendredi, de consultations avec les partis politiques alliés, les mouvements associatifs et les différentes structures favorables à Félix Tshisekedi.
« Toutes les énergies doivent se focaliser pour le 22 », a-t-il insisté.
L’objectif affiché est de réunir largement les forces politiques et associatives proches du pouvoir afin de donner à cette mobilisation une dimension supérieure à celle de la marche de l’opposition du 15 septembre.
Dans le discours de Kabuya, le 22 septembre doit ainsi permettre à son camp d’adresser un message à l’opinion nationale et internationale : celui d’un soutien populaire important à Félix Tshisekedi.
Kabuya conteste l’ampleur de la marche du 15 septembre
Revenant sur la manifestation de l’opposition organisée mardi 15 septembre, Augustin Kabuya estime que ses adversaires avaient disposé de suffisamment de temps pour préparer leur activité, mais qu’ils n’auraient pas réussi à mobiliser autant de personnes qu’annoncé.
Selon lui, les éléments de la Police nationale congolaise étaient plus nombreux que les manifestants.
« Ils ont prouvé qu’ils étaient incapables de réunir même mille personnes », a-t-il déclaré.
Une appréciation qui constitue la lecture du responsable de l’UDPS sur la mobilisation du 15 septembre.
Kabuya a également défendu le recours aux drones pour documenter les rassemblements politiques et comparer l’ampleur des différentes mobilisations.
« On va leur montrer comment on fait une marche »
Face à la mobilisation de l’opposition, Augustin Kabuya annonce une démonstration de force de l’UDPS et de ses alliés.
« On va leur montrer comment on fait une marche le 22 septembre prochain », a-t-il lancé.
Pour le responsable de l’UDPS, cette journée doit permettre à son camp de démontrer l’ampleur du soutien populaire dont bénéficie Félix Tshisekedi.
« Le 22, nous allons faire monter les drones pour leur dire que Kinshasa, c’est Félix Tshisekedi, la RDC, c’est Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Les consultations commencent ce vendredi
Pour préparer cette mobilisation, Augustin Kabuya entame ce vendredi des consultations avec les partis politiques alliés de l’UDPS.
Les mouvements associatifs ainsi que les responsables des différentes structures du parti devraient également être associés à cette démarche.
Le président a.i. de l’UDPS affirme par ailleurs que les présidents fédéraux ont déjà été alertés afin de contribuer à la préparation de cette journée.
Cette phase de consultations doit permettre de coordonner les différentes forces favorables au chef de l’État et de préparer une mobilisation présentée par Kabuya comme une réponse politique à celle de l’opposition.
Une démonstration destinée à l’opinion nationale et internationale
Au-delà de la mobilisation dans les rues de Kinshasa, le 22 septembre revêt, dans le discours d’Augustin Kabuya, une portée politique particulière.
L’ambition affichée est de présenter la mobilisation comme une démonstration du soutien populaire à Félix Tshisekedi et, par contraste avec la marche du 15 septembre, de défendre l’idée que le président dispose d’une importante base populaire.
Le responsable de l’UDPS entend ainsi faire de cette journée un rendez-vous susceptible de retenir l’attention de l’opinion nationale et de la communauté internationale.
Le changement de la Constitution au cœur du débat
La mobilisation du 22 septembre intervient également dans un contexte marqué par le débat sur un éventuel changement de la Constitution.
Augustin Kabuya a clairement positionné son camp en faveur de cette option.
« Ils sont contre le changement de la Constitution et nous, nous sommes pour le changement », a-t-il affirmé.
Il a également appelé les militants de l’UDPS à se mobiliser pour défendre le chef de l’État.
« Nous allons marcher mains nues pour défendre le chef de l’État », a-t-il déclaré.
« Fatshi wumela »
La présidentielle de 2028 s’est également invitée dans le discours du responsable de l’UDPS.
Augustin Kabuya estime que les débats autour de la succession à la tête du pays sont prématurés et met en avant le slogan de son camp : « Fatshi wumela ».
Il a également insisté sur la portée symbolique du mois de septembre pour l’UDPS, évoquant notamment les événements des 19 et 20 septembre ainsi que la messe d’action de grâce annoncée pour le 20 septembre.
À cinq jours de la mobilisation annoncée pour le 22 septembre, l’UDPS passe donc à la phase préparatoire.
Les consultations annoncées par Augustin Kabuya dès ce vendredi devront permettre de fédérer les partis alliés, les mouvements associatifs et les différentes structures du parti autour de cette échéance.
Pour le camp présidentiel, l’enjeu est désormais de transformer cette mobilisation annoncée en une démonstration de force et de faire du 22 septembre une journée marquante du calendrier politique à Kinshasa.
Jeff Saile
