Le Comité de Suivi de la Paie des agents et fonctionnaires de l’État (CSP) a tenu, du 9 au 11 septembre 2026, une série de réunions avec les opérateurs de paie afin d’évaluer l’exécution des opérations et d’apporter des réponses aux difficultés liées au paiement des salaires, notamment les retards, les contraintes sécuritaires et les réclamations enregistrées par le Comité.
Les travaux ont successivement porté sur l’évaluation des opérations menées par la Caisse Nationale d’Épargne du Congo (CADECO), à la suite de son insertion dans le circuit de la paie, les difficultés rencontrées par la banque Equity BCDC dans certaines zones de l’intérieur du pays, ainsi que sur l’évolution de la prise en charge des effectifs ayant fait l’objet d’une délocalisation massive au mois d’avril 2026.
Avec la CADECO, les discussions ont principalement porté sur l’évaluation du dispositif opérationnel mis en place pour assurer la paie des effectifs qui lui ont été confiés. Le Comité ayant relevé certaines pesanteurs dans le processus, son Président a.i., Yannick Isasi, a formulé des recommandations visant à accélérer l’identification et le paiement des agents et fonctionnaires concernés.
Le CSP s’est engagé à impliquer ses antennes provinciales afin de renforcer la communication et la sensibilisation autour des opérations d’identification, en collaboration avec les différents services dont les effectifs ont été domiciliés auprès de la CADECO.
Concernant Ganaketi, dans le territoire de Feshi, où le paiement avait été suspendu à la suite d’incidents ayant occasionné d’importants dégâts matériels ainsi que la perte des fonds destinés à la paie, des instructions formelles ont été données à l’opérateur Equity BCDC afin d’apurer les salaires qui n’avaient été que partiellement payés.
Le Comité a, en outre, formulé des recommandations destinées à fluidifier la reprise et la poursuite des opérations de paie. Il a notamment invité l’opérateur à renforcer son dispositif de communication et d’alerte, afin de permettre une prise en charge plus rapide et plus efficace des difficultés susceptibles d’affecter le déroulement normal des opérations.
Une attention particulière a également été accordée aux territoires à accès difficile, notamment celui de Dekese, où des retards de paiement continuent d’être enregistrés.
Afin d’éviter une immobilisation prolongée des fonds au détriment des bénéficiaires, le CSP a demandé à Equity BCDC, pour les situations concernées, de procéder au retour des fonds au Trésor public, en vue de leur réorientation vers des opérateurs disposant de capacités opérationnelles mieux adaptées aux réalités des zones concernées.
Le Comité a, par ailleurs, insisté sur le respect des procédures d’identification des bénéficiaires. Il a encouragé l’opérateur à maintenir les contrôles requis et à éviter les paiements manuels ou par procuration, contraires aux principes de la bancarisation. Le CSP a également appelé à une meilleure disponibilité des liquidités auprès des points et agents bancaires déployés sur le terrain, afin de faciliter, lorsque cela est nécessaire, le retrait des rémunérations par les bénéficiaires.
La dernière séance a été consacrée à l’évaluation de la paie des effectifs ayant fait l’objet d’une délocalisation massive au mois d’avril 2026. La présence des opérateurs ayant récupéré ces effectifs, ainsi que des services gestionnaires concernés, notamment la Police Nationale Congolaise, a permis d’examiner les réclamations enregistrées, d’identifier les difficultés persistantes et de mettre en place un mécanisme de suivi destiné à accélérer leur traitement.
À travers ces échanges, le CSP entend améliorer la coordination entre les services utilisateurs du personnel de l’État et les opérateurs de paie — banques, institutions de microfinance et coopératives — avec pour objectif de réduire les difficultés rencontrées par les agents et fonctionnaires de l’État et de sécuriser davantage le paiement des salaires sur l’ensemble du territoire national.
Laurette Ngoma
