Rubrique :

Mauvaise qualité de services des télécommunications en RDC : causes, responsabilités et solutions

Par Serge Ngalamulume / Journaliste indépendant. 

Il est fait ces derniers un constat inquiétant sur la mauvaise qualité de services des télécommunications -appels et internet- que les opérateurs de la téléphonie mobile (Airtel, Vodacom, Orange et Africell) offrent à la population. Et les abonnés ont tous tendance d’incriminer et responsabiliser le ministre des Postes et télécommunications, Me José Mpanda, sur qui ils déversent leur grogne. Ce qui est une erreur et un mauvais ciblable.

Non sans raison, car quiconque lirait la loi sur les télécommunications de 2020 découvrira les responsabilités de chaque partie prenante dans cet écosystème des télécommunications et éviter d’indexer directement le ministre. Sinon, les délestages du courant électrique observés ces derniers temps auraient été imputés au ministre de Ressources Hydrauliques et électricité ou encore les produits avariés sur le marché seraient attribués à la faille du ministre du Commerce extérieur. Mais généralement c’est les DG de la SNEL et de l’OCC qui sont directement mis en cause. De même pour les accidents d’avions ou les naufrages sur le fleuve ou les rivières, ce n’est pas le VPM des Transports qui est pointé directement mais plutôt l’AAC, la RVA et la RVF. Aussi pour les embouteillages, on ne tire pas directement sur le gouverneur de la ville ou sur le VPM de l’Intérieur, on tire sur la Police de circulation routière. Mais pourquoi n’applique-t-on pas la même logique aux Postes et télécommunications où c’est l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) qui a l’emprise directe sur les opérateurs de l’industrie des télécoms ? 

Visiblement, l’affaire est politisée. Les détracteurs de Me José Mpanda qui ne dorment pas, cherche sa tête qui gêne. La diabolisation est leur arme facile. Mais, en lieutenant fidèle et loyal, le ministre des PT reste strictement dans la vision du président de la République de digitaliser la RDC d’ici l’horizon 2030. C’est cela son défi malgré les embuches et les chants de sirène. 

De la responsabilité

Tous les abonnés devront retenir qu’au regard de cette loi sur les télécommunications, l’ARPTC, dans les neuf missions lui assignées par le législateur, a, non seulement la responsabilité de veiller et contrôler la qualité des équipements importés par les opérateurs, mais celle de protéger les abonnés et de veiller à la bonne qualité des services des télécommunications leur offerts. C’est le travail du régulateur car c’est lui le policier du secteur. Et le ministre sanctionne les opérateurs sur proposition du régulateur. Charger alors le ministre en ce qui concerne la mauvaise qualité des services des télécoms, est une mauvaise compréhension et analyse biaisée de la loi qui régit le secteur.

Causes de la mauvaise qualité de services

Les perturbations des réseaux téléphoniques observées ont des causes endogènes et exogènes. 

Les causes endogènes sont liées aux équipements utilisés par les opérateurs qui, d’autres ne sont plus adaptés face à l’évolution technologique et à la demande explosive des abonnés et l’utilisation des smartphones (2G et 3G).

Même si les opérateurs s’accrochent sur les causes exogènes qui sont d’ordre différent (les coupures intempestives des câbles optiques, le manque d’énergie électrique et des infrastructures critiques de base…), une dimension de sabotage n’est pas à exclure au regard de l’accentuation de la dégradation de la qualité de services cette année comparativement à l’année passée.

En effet, depuis février dernier que le ministre José Mpanda a soulevé la question de l’application stricte de l’article 40 de la loi sur les télécoms tel qu’exigé par le président de la République qui veut que les 30% du capital social de toute société des télécoms soient réservés aux Congolais en raison de 25% pour ceux désireux investir dans ce domaine et 5% aux travailleurs de cette société, la mauvaise qualité de services s’est accrue.

Les opérateurs qui ne veulent pas de cette disposition pour laquelle ils avaient obtenu un moratoire de 10 ans, lequel a été réduit par José Mpanda à son arrivée au ministère à 5 ans avec effet rétroactif, en veulent à ce dernier. Mais comme ils ne peuvent pas le faire partir politiquement du gouvernement, ils organisent ainsi tous ces incidents pour créer la grogne sociale et provoquer un désaveu populaire qui puisse interpeller le président de la République. Stratégie soutenue par ceux qui tirent les ficelles et coalisent avec ces opérateurs. Mais ils ignorent que l’application de cet article 40 de la loi sur les télécoms est l’injonction du président de la République. Avec Mpanda ou sans Mpanda, cet article s’appliquera.    

 Solutions 

 Les abonnés devront savoir que trois composantes entrent dans le fonctionnement du secteur des télécommunications : les backbones, le réseau d’accès et les points d’atterrage. Or, toutes ces trois composantes posent un sérieux problème d’inadéquation en RDC. Une situation que le ministre Mpanda a trouvée et héritée à sa prise des fonctions en août 2025 et s’emploie pour trouver des solutions. 

S’agissant par exemple du backboard, le pays a besoin d’au moins 54.000 Kms de fibre optique installée, d’au moins 30.000 tours construites et d’un satellite. Malheureusement, il ne dispose pas encore d’un satellite et sa capacité en fibre optique et en antennes est en deçà de 30% du besoin exprimé.

Concernant le réseau d’accès, les opérateurs utilisent jusqu’à présent la 2G, 3G et 4G qui sont toutes saturées. Le réseau est devenu congestionné à cause de la demande explosive des services des télécommunications surtout en data. 

Comme solution rapide, le régulateur doit libérer la 5G très réclamée avec persistance par les opérateurs bien avant même l’arrivée du ministre Mpanda aux PT. Mais cette libération n’est pas encore effective malgré les cris des opérateurs pour décongestionner la 4G très saturée. C’est encore une responsabilité de l’ARPTC qui prétend depuis longtemps et toujours qu’il faille des préalables techniques, réglementaires liés au spectre.

Comme solution durable, il faut déployer la fibre optique et multiplier les points d’atterrage. A présent, la RDC ne dispose que de deux points d’atterrage à Muanda : Wacs de la SCPT déjà fin vie et 2Africa. Or, il en faut beaucoup à l’ouest comme à l’est pour créer la redondance en vue de rendre très fluide la connectivité. 

Au ministère des PT, l’on nous apprend que le ministre Mpanda n’a pas croisé les bras. Il se bat pour que le Programme de transformation numérique (PTN) financé par la Banque mondiale se concrétise en vue de déployer 11.500Kms de fibre optique. Il se bat également pour la réalisation du projet commun avec la Tanzanie destiné à connecter les deux pays par l’Océan Indien. Le câble de la fibre optique passera ainsi par le lac Tanganyika et le point d’atterrage sera érigé à Kalemie.

Par le management et le lobbying du ministre, le Fonds de développement du service universel (FDSU) a bénéficié des fonds du trésor public pour son fonctionnement et la construction des infrastructures. Une quarantaine d’antennes (pylônes) sont en construction. C’est une première depuis la promulgation de la loi sur les télécoms en 2020, que l’Etat construit ces premières infrastructures. Le programme du FDSU prévoit 300 sites dans une première phase, pour poursuivre progressivement sa trajectoire vers 3.000 sites et 100 Centres Communautaires Numériques à l’horizon 2030.

dans la même rubrique

Inventaire des réalisations des députés : la députée Cathy Sakombi salue la clarification du Président...

La députée nationale Cathy Sakombi Moleka salue la clarification apportée par le Président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara...

UNIKIS : FIN DE PARCOURS POUR LA DÉLÉGATION DE LA FACULTÉ DE DROIT, LORRAINE ABEDI...

La participation de la délégation de la Faculté de droit de l’Université de Kisangani (UNIKIS) à la compétition académique...

RDC–Zambie : Doudou Fwamba accompagne le projet d’interconnexion électrique Kolwezi–Kalumbila

Le projet d’interconnexion électrique entre la République démocratique du Congo et la Zambie franchit une nouvelle étape. Il prévoit...

Gentiny Ngobila et l’ACP mobilisent les Teke-Humbu et les chefs coutumiers autour du « Progrès...

Sous l’impulsion de son autorité morale, le Sénateur Gentiny Ngobila Mbaka, l’Alliance des Congolais Progressistes (ACP) poursuit son implantation...

COMMUNE TSHOPO : MARIANNE BATAMANE INSISTE SUR LA SÉCURITÉ, LA PRÉVENTION SANITAIRE, L’ASSAINISSEMENT ET LE...

La bourgmestre de la commune Tshopo, Marianne Batamane, a présidé, lundi 5 octobre 2026, la traditionnelle parade hebdomadaire de...

CONNAÎTRE POUR MIEUX VALORISER : LOUIS WATUM KABAMBA MATÉRIALISE LA VISION DU CHEF DE L’ÉTAT...

Sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, Chef de l’État, la...

UNIKIS : BONGWELI LOOMBE RÉGINE ET FULGENCE ABIBU REPRÉSENTENT L’UNIVERSITÉ DE KISANGANI À NAIROBI

L’Université de Kisangani (UNIKIS) est représentée à Nairobi, au Kenya, par Bongweli Loombe Régine et Fulgence Abibu, qui prennent...

UNIKIS AWARDS 2026 : LE RECTEUR MATTHIEU KIRONGOZI BOMETA HONORÉ POUR SON ACTION À LA...

L’Université de Kisangani s’apprête à célébrer l’une de ses figures majeures à l’occasion de la première édition des UNIKIS...