(Par l’Honorable Michel MOTO Muhima
Député national élu de Walikale, Nord-Kivu)
- La levée d’un voile
Pendant des années, un doute a été entretenu sur les liens entre Joseph Kabila et la rébellion de l’AFC/M23. Ses porte-parole dénonçaient une cabale politique. Lorsque le Président Félix Tshisekedi affirmait le 14 février 2024 en Allemagne que Kabila était le véritable chef du M23, beaucoup avaient crié au scandale.
Le 12 octobre 2026, la clarification est venue de l’intéressé lui-même. En annonçant depuis Goma, ville sous contrôle du M23, la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire englobant l’AFC et le M23, Joseph Kabila a officialisé ce qui était dénoncé.
C’est un acte grave qui jette le discrédit sur la fonction présidentielle qu’il a exercée pendant 18 ans.
- Un positionnement juridiquement et moralement compromis
Cette annonce intervient alors que l’ancien Président a été condamné à mort par contumance pour trahison et crimes de guerre par la justice militaire congolaise, et sanctionné par le Trésor américain en avril 2026 pour son soutien avéré à l’AFC/M23.
Elle intervient trois jours seulement après son discours du 09 octobre 2026, où il évoquait « dictature », « tribalisme » et « népotisme » et appelait à un dialogue inclusif. Ces critiques perdent toute crédibilité au regard de son propre bilan : 18 ans sans université, aéroport ou route majeure construite, un budget national inférieur à 6 milliards USD à son départ en 2019, contre plus de 20 milliards aujourd’hui, et un pays redevenu un vaste chantier, réintégré au Conseil de Sécurité et auprès des institutions financières internationales.
- Le silence qui vaut aveu
Dans ses récentes prises de parole, l’ancien Chef de l’Etat et Commandant suprême n’a jamais, pas une seule fois, condamné l’agression rwandaise, ni nommé le Rwanda ni ses supplétifs du M23 comme responsables de l’occupation et des massacres à l’Est. Fait très révélateur.
Cette omission n’est pas un oubli, c’est une signature politique qui interroge sur la convergence d’intérêts.
- Une violation de la Constitution
Le FRN affirme vouloir « mutualiser les forces » pour mettre fin au mandat du Président Tshisekedi en invoquant l’article 64 de la Constitution. C’est une lecture tronquée. Ce même article, et l’esprit de notre Loi fondamentale, interdisent formellement la prise du pouvoir par les armes. La seule voie légitime demeure les élections libres et transparentes. S’allier à un mouvement armé créé et soutenu depuis Kigali pour combattre un pouvoir légitime, c’est s’attaquer à la souveraineté nationale.
- L’heure de la clarté
Dans ce moment grave, le dialogue national ne peut inclure ceux qui refusent de condamner publiquement l’agression et qui ont choisi le camp de l’occupant. Comment dialoguer avec celui qui tient une arme contre la Nation ?
L’heure est à la clarté. Chaque leader, dans la majorité, au Parlement, dans les universités, les églises, les marchés et sur les réseaux sociaux, doit affirmer sa loyauté à la République.
À Walikale, mon territoire, qui vit sous menace constante mais qui résiste, la population connaît le prix de la trahison. Elle ne fera pas confiance à ceux qui s’asseyent aujourd’hui avec ses bourreaux.
Je réaffirme ici mon soutien indéfectible au Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant de la continuité de l’État et de l’intégrité territoriale.
Les institutions sont debout. Le peuple est debout.
La République ne se rendra pas. La souveraineté ne se négocie pas.
Honorable Michel MOTO Muhima
Député National – Walikale
