Ce qui se passe à Lubunga, l’une des six communes de la ville de Kisangani, province de la Tshopo est inadmissible.
En plein 21e siècle, les gens s’entretuent à coup des machettes en plein ville de Kisangani sans que l’autorité provinciale ne bouge son petit doigt pour remédier à ce phénomène qui prend des proportions inquiétantes aux allures de Kamwena Nsapu de triste mémoire au Kasaï.
L’opinion boyomaise ne comprend pas le silence abasourdi de l’autorité provinciale à ce sujet puis que c’est elle la responsable numéro un de la sécurité des biens et des personnes dans cette partie du pays. Aucune initiative allant dans le sens d’apaiser la tension qui a élu domicile. On ne sens pas l’autorité de l’État depuis un certain temps dans le chef lieu de la Tshopo, a laissé entendre un notable du coin. La criminalité bat son plein dans toutes les six communes.
Ce sont les signes avant-coureurs de la mal-gouvernance, a-t-il conclu. Et, la gouverneure dans tout ça, continuer à dormir paisiblement sur ses lauriers préférant se la couler douce avec l’argent de la taxe conventionnelle. Gouverner c’est prévoir, dit on. Mais, à la Tshopo, c’est de l’incompétence notoire doublée de la megestion caractérisée. La Tshopo se meurt.

Ci-dessous, l’interpellation du prof Émile Bongeli
Mes chers enfants,
Grande est ma surprise de voir toute l’élite politico-intellectuelle de la Tshopo rester indifférente face aux carnages qui se déroulent à ciel ouvert, aujourd’hui en pleine ville de Kisangani.
Tous se contentent de condamner l’iresponsabilité des autorités provinciales, non sans raison. Cependant, en s’apaisant dans cette responsabilisation des autres, vous vous déculpabilisez et gardez vos consciences tranquilles, alors que, dans l’entretemps, vos frères et soeurs s’entretuent, à présent sous vos yeux. Vous n’arrivez même pas à imaginer les conséquences d’une éventuelle extension du conflit sur l’ensemble de la Tshopo qui n’a jamais vécu pareils événements depuis toujours.
Je note que vous serez tenus responsables, chères élites de la Tshopo, de effets collatéraux de ces carnages, tant votre indifférence, en tant qu’intellectuels et fils du terroir, vaut irresponsabilité coupable et frise inconscience, voire cynisme.
Je vois les discussions dans différents groupes, tout va bien comme si rien d’anormal ne se passe aux villages et au chef-lieu de la province.
Le phénomène Kamuina Nsapu au Kasai Occidental était parti d’un petit feu allumé par un individu, fut-il chef coutumier, qui avait des problèmes personnels à résoudre.
Excusez-moi, mes chers enfants, de vous inviter à prendre vos responsabilités, en tant qu’élites et fils du terroir, face à la faillite de l’Etat, pour mettre fin à cette situation et ramener la paix entre les Walengola et les Bambole qui ont toujours vécu en harmonie depuis des temps immémoriaux.
Je vous en supplie.
Papa Bongeli
