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Présidentielle 2023: l’épée de Damoclès suspendu sur la tête de Kamuleta !

Le dossier Katumbi se trouve désormais sur la table de Joe Biden, il appartient au président de la Cour constitutionnelle de jouer à la sagesse et à dire le bon droit pour ne pas se retrouver dans le collimateur de la première puissance mondiale

Après avoir obtenu de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- la liste provisoire des candidats ayant déposé leurs dossiers pour l’élection présidentielle de décembre prochain, il revient maintenant à la Cour constitutionnelle de procéder à leur examen minutieux, avant de rendre publique la liste définitive des personnalités appelées à concourir à la magistrature suprême le 20 décembre 2023.

Mais, avant cette étape qui s’avère périlleuse, des voix, et non des moindres, s’élèvent pour couper court au débat sur la nationalité de Moïse Katumbi qui bat son plein. Au nombre de ces réactions, il y a lieu de signaler celle de l’ancien ministre de la justice Alexis Thambwe Mwamba qui s’est confié à la Radio France Internationale pour témoigner que le candidat Moïse Katumbi détient bel et bien la nationalité congolaise.

Un faux débat

En effet, l’ancien ministre de la Justice dénonce ce qu’il qualifie de «faux débat» concernant la nationalité de l’opposant Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle prévue le 20 décembre 2023. Il affirme avoir délivré en 2015 un certificat de nationalité à l’ancien gouverneur de la province du Katanga, et qu’il ne l’avait jamais annulé. «Pour moi, il faut laisser Moïse Katumbi se présenter», conclut l’ancien président du Sénat.
Celui qui, il y a huit ans, était un critique acerbe de Katumbi rompt ainsi le silence à travers cette interview exclusive à RFI, et demande de laisser l’opposant dans la course, alors que la Cour constitutionnelle doit statuer sur les 24 candidatures validées par la Commission électorale nationale indépendante-CENI. Il estime qu’il s’agit d’une «hypocrisie nationale sur cette question de la nationalité congolaise». «Sur le cas de Moïse Katumbi, je voudrais dénoncer l’hypocrisie nationale sur cette question de la nationalité congolaise, dit-il au micro du correspondant de RFI. Je n’avais pas de preuves qu’il était italien. J’ai eu des dénonciations. Par la suite, Moïse Katumbi a pris un avocat célèbre, Éric Dupond-Moretti, ministre français de la Justice, en poste depuis le 6 juillet 2020, qui a fait parvenir les documents disant que la commune de résidence ne reconnaissait pas la nationalité italienne. Donc, pour moi, c’est une page tournée», soutient l’ancien Garde des sceaux congolais.

Éviter d’embraser le pays

Celui qui a également dirigé la chambre haute de notre pays d’insister: «C’est absolument une distraction de soulever cette question, on est dans un faux débat. Je pense au président de la République qui, lui-même, avait ordonné de donner à Moïse Katumbi son passeport. C’est le président de la République, Félix Tshisekedi, en 2019, qui avait dit: ‘‘Mais il a été gouverneur du Katanga, comment peut-on lui contester la nationalité congolaise? Il ne faut pas embraser le pays en sériant les personnes qui peuvent se présenter.», a-t-il prévenu.
Alexis Thambwe Mwamba conclut: «J’en ai fait un problème à un moment donné, en tant que ministre de la Justice, mais aujourd’hui je considère que ça serait totalement immoral d’opposer à Moïse Katumbi le fait qu’on a dit à un moment donné qu’il avait une autre nationalité. Pour moi, il faut laisser Moïse Katumbi se présenter.»

La deuxième voix, sans doute la plus menaçante, est venue de l’Amérique lointaine où le président Joe Biden ne s’est pas empêché de brandir des sanctions contre toute personne qui mettrait en mal le processus électoral en cours, notamment par l’exclusion de certains candidats. Les deux sorties médiatiques ne sont dès lors pas anodines.

Une menace contre la politique étrangère américaine

Le président des Etats-Unis affirme, sans ambages, que «La situation en RDC ou liée à la RDC continue de constituer une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des États-Unis». A moins de deux mois des élections générales, les États-Unis d’Amérique maintiennent la pression sur les autorités congolaises en ce qui concerne le respect des normes démocratiques.
En témoigne, la décision prise par le président américain de prolonger d’une année l’état d’urgence nationale liée à la République démocratique du Congo.
L’homme le plus puissant du monde considère que «la situation en ou liée à la RDC continue de constituer une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des États-Unis». Il explique sa décision annoncée par la Maison Blanche par le fait que l’état d’urgence nationale est déclaré quand il y a «menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère ou l’économie des États-Unis» qui provient «en totalité ou en grande partie en dehors des États-Unis».
Il sied de rappeler que concernant la République démocratique du Congo, le premier Décret a été signé le 27 octobre 2006, avant d’être modifié le 8 juillet 2014. Alors qu’il devait expirer le 27 octobre 2023, Joe Biden a décidé donc de le prolonger dans un contexte préélectoral particulièrement agité qui est présentement celui de notre pays.
Pour plus d’un observateur, cette prolongation est une façon pour les USA de maintenir la pression sur les dirigeants congolais.
Il revient maintenant aux autorités congolaises de tirer la leçon qui s’impose de cette déclaration faite en personne par Joe Biden. Comprenne qui pourra.

Antoine Botshili

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