En visite dans la province minière du Lualaba, le président Félix Tshisekedi a tiré la sonnette d’alarme sur la montée des tensions entre exploitants artisanaux et entreprises minières industrielles. Cette alerte a été formulée lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 13 juin 2025 à Kolwezi, chef-lieu de cette province stratégique pour l’économie congolaise.
Selon le président de la République, les creuseurs artisanaux sont de plus en plus contraints à exercer leur activité dans des zones non autorisées, faute d’espaces légalement reconnus pour l’exploitation artisanale. Une situation qui provoque de fréquents accrochages avec les sociétés minières disposant de concessions légalement attribuées.
« De nombreux compatriotes se retrouvent privés de zones viables pour mener leurs activités, ce qui les pousse à s’installer dans des périmètres réservés aux entreprises industrielles. Cela génère des conflits de cohabitation et des abus », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, relayant les propos du chef de l’État.
Cette compétition pour l’accès aux ressources minières révèle une faille dans la gouvernance du secteur. Les mineurs artisanaux, qui exercent pour la plupart dans des conditions précaires, représentent pourtant une main-d’œuvre importante dans l’économie locale et cherchent simplement à subvenir aux besoins de leurs familles.
Face à cette problématique, le président Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’une réforme profonde du secteur minier artisanal. Il appelle à un encadrement rigoureux, fondé sur la justice sociale, la sécurité et la reconnaissance des droits de tous les acteurs impliqués.
Le gouvernement congolais est désormais attendu sur la mise en œuvre de mesures concrètes pour désamorcer ces tensions et offrir des solutions durables aux exploitants artisanaux. L’enjeu est double : préserver la paix sociale dans les zones minières tout en assurant une exploitation responsable des ressources du pays.
CB
