Le processus d’indemnisation des victimes des exactions commises par l’armée ougandaise entre 1998 et 2003 est à l’arrêt en République démocratique du Congo. Les comptes du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation (Frivao) ont été gelés dans le cadre d’enquêtes sur de présumées malversations financières. Cette décision, prise par les autorités judiciaires et financières, suspend toutes les opérations du fonds, plongeant des milliers de bénéficiaires dans l’incertitude.
Créé en 2019, le Frivao gère une partie des 325 millions de dollars que l’Ouganda doit verser à la RDC, en vertu d’un arrêt de la Cour internationale de justice. À ce jour, 195 millions ont déjà été reçus. Mais l’enquête en cours, impliquant le Parquet général près la Cour de cassation, la CENAREF, l’APLC et l’Inspection générale des finances, met en lumière des soupçons de détournement visant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, accusé d’avoir transféré près de 20 millions de dollars vers un compte non autorisé.
Cette affaire provoque une onde de choc dans la société civile congolaise, qui dénonce un manque de transparence dans la gestion des fonds. Plusieurs organisations demandent que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies afin de garantir que les montants restants ne subissent pas le même sort. Elles soulignent que cet argent est destiné à des victimes souvent en situation de grande précarité.
En attendant, la direction du Frivao se dit dans l’impossibilité de poursuivre ses activités et attend la levée du gel ainsi que de nouvelles instructions officielles. Pendant ce temps, les prochains versements attendus de l’Ouganda restent suspendus à l’évolution de l’enquête, prolongeant l’attente des victimes et nourrissant la méfiance de l’opinion publique envers la gestion des réparations.
CB
