Le gouvernement congolais s’alarme de la dégradation accélérée de la situation sécuritaire à Uvira, dans le Sud-Kivu, où de nouveaux affrontements ont forcé des milliers d’habitants à fuir leurs villages. Intervenant mercredi 10 décembre dans l’émission Congolais Telema, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé l’ampleur de la catastrophe humanitaire provoquée par les violences attribuées au Rwanda. « Plus de 200 000 déplacés, des morts par dizaines, des blessés qui affluent… Ce qui se passe à l’Est dépasse l’entendement », a-t-il alerté.
Le ministre a rappelé que les premières évaluations font état d’au moins 80 morts, un bilan encore provisoire en attendant les chiffres consolidés par les autorités provinciales. Selon lui, le gouverneur Purusi poursuit la remontée d’informations depuis les zones touchées afin de permettre au gouvernement de dresser un état des lieux précis. La chute d’Uvira et l’intensification des combats dans les localités voisines renforcent l’inquiétude au sommet de l’État.
Au-delà du diagnostic sécuritaire, Patrick Muyaya a tenu à réaffirmer que la protection des civils reste une priorité absolue pour Kinshasa. Il a affirmé que le gouvernement suit « minute par minute » l’évolution de la situation et travaille à coordonner la réponse humanitaire, appelant par ailleurs les partenaires internationaux à renforcer leur soutien dans un contexte de crise aggravée.
Le porte-parole a enfin lancé un appel à l’unité nationale, estimant que la réponse à l’agression dont fait face la RDC ne peut reposer que sur un front commun. « Les Congolais doivent se rallier autour du président Félix Tshisekedi et faire bloc pour mettre un terme à cette agression rwandaise », a-t-il insisté, exhortant la population à demeurer vigilante et solidaire.
CB
