La crise sécuritaire qui secoue le Sud-Kivu révèle désormais un enjeu économique majeur : le contrôle des recettes publiques dans les zones occupées. Selon les autorités provinciales, ces territoires sous influence de l’AFC/M23 généreraient chaque mois des dizaines de millions de dollars qui échappent totalement au circuit officiel. Cette manne financière, estimée entre 17 et 20 millions de dollars, ne bénéficierait ni aux infrastructures locales ni aux services de base, alimentant plutôt un système opaque dénoncé par Kinshasa.
Face à cette perte de contrôle, le gouvernement provincial a dû revoir en urgence sa stratégie de mobilisation des ressources. Un nouveau mécanisme de perception des taxes a été instauré en amont, aux points d’entrée frontaliers avec les pays voisins comme le Burundi et l’Ouganda. Cette approche permet de sécuriser une partie des recettes avant même l’arrivée des marchandises sur le territoire. Malgré un contexte particulièrement tendu, ces mesures permettent de mobiliser environ 4 millions de dollars mensuels, un montant jugé insuffisant au regard des besoins de la province.
Parallèlement, les autorités accusent les groupes armés de s’appuyer sur des structures administratives existantes pour maximiser leurs revenus, allant jusqu’à exploiter des plans de développement initialement conçus par l’État. Cette situation s’accompagne, selon plusieurs témoignages, de pratiques coercitives imposées aux populations locales déjà fragilisées par la crise humanitaire. Dans ce climat, Kinshasa intensifie ses alertes auprès de la communauté nationale et internationale, dénonçant un système qu’elle considère comme une exploitation organisée des ressources du Sud-Kivu.
CB
