Au-delà des budgets et des réformes, c’est par la proximité et la confiance que le Professeur ordinaire Mathieu Kirongozi Bometa veut redonner une âme à l’Université de Kisangani.
L’homme du terrain prend les rênes
Quand il est nommé recteur le 15 juillet 2025 par la Ministre Marie-Thérèse Sombo, Mathieu Kirongozi Bometa connaît chaque couloir de l’UNIKIS. Docteur en sciences politiques et administratives, ancien doyen, ce « fils-maison » arrive après une année noire : trois braquages de la caisse centrale, conflits internes, suspensions. L’institution est blessée. Boyoma attend un médecin, pas un gestionnaire de plus.
Gouverner en marchant
Dès le 23 juillet 2025, le ton est donné : « unité, rigueur et loyauté », exige la tutelle. Kirongozi répond par un programme en six axes et, surtout, par une méthode : sortir du bureau.
Le 7 janvier 2026, il entame une ronde académique dans toutes les facultés avec ses secrétaires généraux. Le 20 avril, il est aux Cliniques Universitaires, écoute le personnel et constate les urgences. « Un leadership de proximité », note la presse locale. Là où l’administration était distante, il impose le contact direct.
L’université qui protège
Le 21 avril 2026, le Conseil de l’Université vote un budget de plus de 5 millions USD. Derrière les chiffres, des choix qui parlent aux gens : prime décennale portée à douze mois, paiement immédiat des enseignants après leur charge horaire, interdiction faite aux doyens de faire payer aux étudiants les frais de toilettes ou de papiers d’examen.
Pour les agents non mécanisés, la régularisation devient une priorité affichée. Pour les malades des Cliniques, la promesse d’une prise en charge digne. Le recteur Kirongozi place l’humain au centre : « Une université ne vaut que par ceux qui la font vivre au quotidien. »
Construire l’avenir sans renier la rigueur
La modernisation avance : plus de 80 % des processus administratifs sont digitalisés grâce à e-Business Africa, le site web est relancé, des logiciels anti-plagiat sont déployés. Le 5 décembre 2025, deux nouvelles facultés sont créées – Sciences pharmaceutiques et Santé publique – pour répondre aux besoins de la région.
À l’international, le partenariat avec l’Université de Liège se réactive. En Belgique, le recteur prépare l’avenir avec des doctorants. À Mbuji-Mayi, des étudiants le surnomment « Obama 2 ». L’ESU-RSI lui décerne un Diplôme de Mérite d’Excellence pour son engagement en faveur des droits humains.
La confiance comme chantier principal
Le P.O. Kirongozi le sait : les bâtiments se réhabilitent, la confiance se reconstruit. Après les coffres-forts vidés et les scandales, chaque acte compte. Refuser la surfacturation, bannir les frais cachés, payer les agents à temps : ce sont ces détails qui redonnent une âme à l’UNIKIS.
Épilogue : l’université comme communauté
Neuf mois après son arrivée, Mathieu Kirongozi Bometa impose une idée simple : une université africaine se relève quand elle redevient une communauté. Pas seulement des murs, des budgets ou des diplômes, mais des hommes et des femmes respectés, écoutés, protégés.
Le pari est lancé. À Kisangani, le recteur marche, inspecte, décide. Et dans les couloirs, on recommence à dire « notre UNIKIS ».
Espedi Saile
