Le Congrès national congolais (CNC), dirigé par le sénateur Pius Muabilu, a lancé vendredi à Kinshasa un cercle de réflexion consacré à la réforme de la Constitution. Prévue pour six jours, cette rencontre réunit une trentaine de cadres chargés d’examiner, article par article, les dispositions de la loi fondamentale afin d’en identifier les limites et de proposer d’éventuelles pistes de révision.

Un appui réaffirmé au Chef de l’État
À l’ouverture des travaux, Pius Muabilu a réaffirmé son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme le garant d’un climat favorable au débat démocratique et à la liberté d’expression. Selon le président du CNC, cette réflexion constitutionnelle s’inscrit dans la volonté du Chef de l’État de renforcer les institutions et d’adapter le fonctionnement de l’État aux défis actuels du pays.
Pour les organisateurs, la réforme envisagée doit permettre d’améliorer l’efficacité institutionnelle et de consolider la gouvernance, dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires, politiques et socio-économiques majeurs.
Joseph Kabila directement mis en cause
Le discours de Pius Muabilu a aussi été marqué par une charge sévère contre l’ancien président Joseph Kabila. Devant les participants, il a estimé que ce dernier portait une responsabilité dans les violences qui persistent dans l’Est de la RDC, affirmant qu’il devra répondre « devant Dieu et les hommes » des souffrances endurées par les populations civiles.
Ces déclarations interviennent dans un climat toujours tendu autour de la situation sécuritaire à l’Est, où les accusations d’agression extérieure et les débats sur les responsabilités politiques continuent d’alimenter les tensions nationales.
Vers de nouvelles propositions institutionnelles
Les travaux réunissent juristes, politologues, économistes et spécialistes de la communication, répartis en sous-commissions thématiques. Députés nationaux et sénateurs membres du CNC prennent également part aux échanges.
L’objectif affiché est de produire des recommandations destinées à la « haute autorité de référence » de la majorité présidentielle, afin de contribuer à une éventuelle réforme institutionnelle portée par l’Union sacrée.
Un débat politique sensible
Si les partisans de la majorité saluent une initiative présentée comme un exercice démocratique, plusieurs voix de l’opposition et de la société civile expriment des réserves. Elles craignent qu’un débat constitutionnel engagé sans large consensus national n’accentue les tensions politiques et fragilise davantage la cohésion du pays.
Dans une RDC confrontée à la guerre dans l’Est, à la pauvreté et à une forte défiance envers les institutions, la question de la réforme constitutionnelle reste particulièrement sensible. En associant son soutien au Chef de l’État à des critiques directes contre Joseph Kabila, Pius Muabilu place clairement ce chantier au cœur des enjeux politiques actuels.
Les conclusions de ces travaux sont attendues dans les prochains jours. Elles devraient préciser les orientations que le CNC entend proposer dans le débat national sur l’avenir des institutions congolaises.
Espedi Saile
