Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, s’est entretenu longuement, mardi 26 mai, avec le pasteur Moïse Mbiye à Kinshasa.
Officiellement, les échanges ont porté sur le projet de réforme constitutionnelle baptisé « C4 ». Mais sur le plan politique, cette rencontre ressemble surtout à une opération d’apaisement après les récentes déclarations du leader de la Cité Béthel contre certains responsables religieux favorables à une révision de la Constitution.
Quelques jours plus tôt, Moïse Mbiye avait vivement critiqué plusieurs pasteurs accusés de soutenir le projet porté par le pouvoir, allant jusqu’à les qualifier de « lépreux ». Cette sortie médiatique avait provoqué une vive polémique, aussi bien dans les cercles proches du régime que dans une partie des milieux évangéliques favorables à la majorité présidentielle.
Face à l’ampleur des réactions, le rétropédalage a été rapide. Moins de vingt-quatre heures après ses propos, le pasteur avait présenté ses excuses, tout en réaffirmant son respect et son soutien au président Félix Tshisekedi.
La rencontre avec Augustin Kabuya marque désormais une nouvelle étape dans cette séquence politique. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Moïse Mbiye affirme avoir échangé autour « des grands enjeux auxquels la République démocratique du Congo est confrontée » et réitère son soutien au chef de l’État. Il assure également que la Cité Béthel restera disponible pour accompagner « toute initiative visant à promouvoir le bien-être des populations ».
Au-delà de cette actualité, cet épisode relance le débat sur l’influence grandissante des églises de réveil dans la vie publique congolaise. En République démocratique du Congo, plusieurs figures religieuses sont devenues de véritables acteurs politiques, capables de mobiliser les foules, d’influencer l’opinion et parfois de servir de relais d’influence au pouvoir.
Le revirement spectaculaire de Moïse Mbiye soulève ainsi des interrogations sur les rapports entre autorités politiques et leaders spirituels. Il traduit également la volonté du régime Tshisekedi de consolider ses soutiens dans les sphères politique, médiatique et religieuse, au moment où le débat sur la révision constitutionnelle gagne en intensité.
Dans cette bataille de l’opinion, le soutien des mégachurches apparaît désormais comme un levier stratégique pour le camp présidentiel, déterminé à éviter l’émergence d’une contestation structurée autour du projet de réforme constitutionnelle.
JS
