Le débat sur un éventuel changement de la Constitution continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise. Parmi les arguments mis en avant par les partisans de cette réforme figure la question de la prolifération des partis politiques en République démocratique du Congo.
C’est notamment la position défendue par Jean-Paul Bofunda, personnalité politique proche du pouvoir, qui estime que l’actuel paysage politique congolais souffre d’une fragmentation excessive préjudiciable à l’efficacité de l’action publique.
Selon ses réflexions sur le projet de Constitution appelé à servir de socle à une éventuelle Quatrième République, l’une des pistes envisagées consisterait à structurer davantage la vie politique autour de deux grands partis ou blocs politiques capables de porter des projets de société clairement identifiés.
À titre personnel, Jean-Paul Bofunda se dit favorable à cette orientation qu’il considère comme une voie susceptible d’assainir le jeu politique national.
Pour lui, une telle réforme pourrait contribuer à redonner à la politique sa véritable vocation en la transformant en une mission patriotique fondée sur des convictions idéologiques solides, des programmes cohérents et un sens accru des responsabilités.
À l’opposé, observe-t-il, le système actuel est marqué par une multiplication des formations politiques dont beaucoup semblent davantage motivées par l’accès aux privilèges du pouvoir que par la défense d’une vision claire pour le pays.
Depuis l’instauration du multipartisme le 24 avril 1990, la RDC a vu naître des centaines de partis politiques. Aujourd’hui, près d’un millier de formations sont officiellement agréées, un chiffre qui, selon Jean-Paul Bofunda, illustre les limites du modèle actuel.
« La politique est devenue un véritable capharnaüm qui n’apporte presque rien au pays, sinon l’enrichissement personnel de certains acteurs politiques », soutient-il en substance.
À ses yeux, cette inflation des partis favorise les alliances de circonstance, les calculs individuels et les repositionnements permanents, souvent au détriment de l’intérêt général et de la stabilité institutionnelle.
Dans ces conditions, la multiplication des partis politiques n’aurait ni consolidé la démocratie ni accéléré le développement du pays.
Elle aurait plutôt contribué à disperser les forces politiques et à affaiblir la lisibilité du débat démocratique.
D’où cette interrogation qu’il juge légitime : la RDC ne gagnerait-elle pas en stabilité, en efficacité et en cohérence politique avec un système davantage structuré autour de grands ensembles politiques capables d’assumer clairement leurs responsabilités devant les électeurs ?
Jeff Saile
