En République démocratique du Congo, l’Inspection Générale des Finances (IGF), organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République, a pour mission de veiller à la bonne gestion des finances publiques à travers des audits, contrôles et évaluations des services de l’État ainsi que des entreprises publiques.
Un an après la nomination de Christophe Bitasimwa Bahii à la tête de cette institution stratégique, le débat s’installe autour de l’efficacité des mécanismes de surveillance financière, notamment les célèbres « patrouilles financières » qui avaient fait la réputation de son prédécesseur, Jules Alingete Key.
Pour plusieurs observateurs, ces opérations de contrôle semblent avoir perdu de leur intensité dans certaines administrations et entreprises publiques. Une situation qui suscite des interrogations sur la capacité de l’IGF à maintenir la pression nécessaire pour garantir une mobilisation optimale des recettes publiques et prévenir les actes de mauvaise gouvernance.
Sous l’ère Alingete, les patrouilles financières étaient devenues le symbole d’une lutte offensive contre les détournements de fonds publics et les irrégularités de gestion. Cette approche avait permis à l’IGF de s’imposer comme l’une des institutions les plus visibles dans le dispositif de contrôle de l’État.
Depuis son arrivée à la tête de l’institution à la suite de son ordonnance de nomination du 7 mai 2025, Christophe Bitasimwa a choisi une autre orientation. Économiste de formation, docteur en sciences économiques et ancien secrétaire général aux Finances ainsi qu’à l’Industrie, il défend, avec son adjoint Emmanuel Tshibingu Nsenga, une stratégie fondée sur le « contrôle systémique ».
Cette approche vise à corriger les faiblesses structurelles des mécanismes de gestion publique plutôt qu’à privilégier les interventions ponctuelles. Pour ses soutiens, il s’agit d’une réforme de fond susceptible de produire des résultats durables. Pour ses critiques, en revanche, cette nouvelle méthode manque encore de visibilité et peine à démontrer son impact concret sur le terrain.
Entre partisans d’une surveillance préventive et défenseurs des patrouilles financières musclées qui avaient marqué les années précédentes, la question demeure : la nouvelle gouvernance de l’IGF parviendra-t-elle à maintenir le même niveau de vigilance et de performance dans la protection des finances publiques ?
Le temps et les résultats des prochains contrôles permettront d’apprécier la portée réelle de cette nouvelle dynamique impulsée par Christophe Bitasimwa.
Antoine Botshili
