Trois jours après le sit-in organisé par l’opposition à Kinshasa, le Secrétaire général et Président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya Tshilumba, est monté au créneau pour livrer ce qu’il présente comme « la véritable version des faits ». Face à la presse, il a dénoncé ce qu’il qualifie de campagne de désinformation orchestrée contre le régime du Président Félix Tshisekedi et contre son parti.
D’entrée de jeu, Augustin Kabuya a rejeté les accusations portées contre le pouvoir à la suite des incidents survenus lors de cette manifestation. Selon lui, « cela fait trois jours que les Congolais assistent à une succession de mensonges destinés à ternir l’image du Chef de l’État ».
Revenant sur une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle il apparaîtrait donnant des consignes aux militants de l’UDPS, Augustin Kabuya a précisé qu’il s’agissait d’un enregistrement datant du 2 juin, à la veille de l’opération « ville morte », et non d’une séquence liée aux événements du sit-in de l’opposition.
« Je suis venu éclaircir les choses et apporter la lumière là où certains tentent d’entretenir la confusion », a-t-il déclaré.
Le dirigeant de l’UDPS a également remis en cause plusieurs témoignages et images diffusés par les leaders de l’opposition. S’attardant particulièrement sur le cas de Martin Fayulu, qu’il surnomme « Frère Édouard » en référence à sa foi chrétienne, Augustin Kabuya a contesté les affirmations selon lesquelles l’opposant aurait été blessé à la tête.
À l’appui de ses accusations, il a présenté plusieurs images montrant, selon lui, Martin Fayulu sans aucune trace visible de blessure alors qu’il accordait des interviews après les incidents. Il s’est notamment interrogé sur la présence d’un sparadrap sur la tête du leader de l’ECiDé sans qu’une plaie apparente ne soit visible sur les images diffusées.
« Comment peut-on prétendre avoir subi une grave blessure à la tête alors qu’aucune plaie n’apparaît sur les images diffusées quelques instants plus tard ? », s’est-il interrogé.
Dans la même veine, il a accusé certains acteurs de la société civile, notamment Jean-Claude Katende, de relayer des informations qu’il juge mensongères.
« Certains défenseurs des droits humains ont perdu leur crédibilité parce qu’ils ont choisi l’argent plutôt que la vérité », a-t-il lancé.
Augustin Kabuya a également dénoncé ce qu’il considère comme une mise en scène soigneusement préparée pour faire croire à une répression sanglante. Selon lui, plusieurs cas de blessés présentés par l’opposition comporteraient de nombreuses incohérences.
Évoquant le cas de Jean-Marc Kabund, il a affirmé que les images de sa blessure ne correspondaient pas aux faits rapportés. Il s’est également interrogé sur la situation de Delly Sessanga, affirmant qu’il serait difficile de croire à une blessure par balle alors qu’aucune trace de sang n’était visible sur son pantalon.
« Tous les leaders de l’opposition auraient été blessés au même moment. C’est une histoire qui ne tient pas debout », a-t-il déclaré.
Pour le numéro un de l’UDPS, il s’agirait d’un scénario monté de toutes pièces afin de justifier les financements reçus de certains parrains politiques qu’il cite nommément, notamment Paul Kagame, Joseph Kabila et Moïse Katumbi.
Le secrétaire général de l’UDPS est allé plus loin en affirmant que l’objectif réel de certains organisateurs n’était pas un simple sit-in mais plutôt la création d’un climat de chaos. Selon lui, des éléments assimilés aux groupes Mobondo ainsi que des kuluna auraient été recrutés pour infiltrer la manifestation avec pour mission de provoquer des violences et de s’attaquer à certaines institutions de la République, notamment le Palais du Peuple.
« Un sit-in n’est pas une marche. Pourquoi y avait-il des machettes ? Pourquoi certains individus étaient-ils préparés à des actes de violence ? », s’est-il interrogé.
Augustin Kabuya a également rejeté toute implication de la Force du progrès dans les troubles signalés. Il a soutenu que certains individus présentés comme des membres de Force du progrès de l’UDPS appartenaient en réalité à d’autres mouvements politiques ou associatifs. Il a notamment cité Gecoco Béa, qu’ils ont présenté comme membre de Force du progrès lors qu’il est plutôt responsable de son mouvement « Vision Fatshi ».
Poursuivant son argumentaire, le responsable de l’UDPS a affirmé que plusieurs leaders de l’opposition s’étaient présentés au sit-in vêtus de chemises blanches, ce qui, selon lui, aurait facilité la mise en scène de prétendues agressions à l’aide de substances colorantes destinées à simuler des blessures.
Par ailleurs, Augustin Kabuya a accusé certains médias proches de l’opposition de participer à une campagne de manipulation de l’opinion publique. Il a évoqué le cas d’une personne présentée comme décédée lors des incidents alors qu’elle serait, selon lui, toujours en vie et hospitalisée pour recevoir des soins.
S’agissant de l’action des forces de l’ordre, Augustin Kabuya a salué le professionnalisme de la Police nationale congolaise, estimant que les policiers ont agi avec retenue malgré les provocations.
« Le Président Félix Tshisekedi n’a pas vocation à se tremper dans le sang des Congolais. Son combat est celui de la paix, de la stabilité et de la préservation des institutions de la République », a-t-il affirmé.
Enfin, le secrétaire général de l’UDPS a estimé que l’opposition avait échoué dans sa tentative de déstabilisation des institutions. Selon lui, les organisateurs du sit-in « n’ont pas marqué le but qu’ils recherchaient » et devraient revoir leurs calculs politiques.
« Nous sommes venus apporter la lumière sur tous les scénarios montés autour de cette affaire. Il n’y a pas de crime parfait et la vérité finit toujours par triompher », a conclu Augustin Kabuya.
Jeff Saile
