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Constitution et gouvernance : la vision de Coco Engongolo pour une RDC plus transparente

Dans une réflexion axée sur la modernisation de l’État congolais, Coco Engongolo Ilombe, concepteur du projet d’Autorité Nationale de Traçabilité en République démocratique du Congo, analyse les implications politiques et économiques d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution. À travers cette étude, il défend l’intégration de principes de responsabilité administrative, de traçabilité des recettes publiques et de bonne gouvernance dans la loi fondamentale, estimant qu’une telle réforme pourrait renforcer les institutions, améliorer la gestion des ressources nationales et accélérer le développement durable du pays.

ANALYSE DES CONSÉQUENCES POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES D’UNE RÉVISION OU D’UN CHANGEMENT DE LA CONSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO FONDÉ SUR LA RESPONSABILITÉ ADMINISTRATIVE, LA TRAÇABILITÉ DES RECETTES PUBLIQUES ET LA BONNE GOUVERNANCE.
INTRODUCTION.
La Constitution constitue le socle juridique et institutionnel de l’État. Elle définit l’organisation des pouvoirs publics, les mécanismes de contrôle, les droits fondamentaux des citoyens ainsi que les principes qui gouvernent la gestion des ressources nationales.
Dans un contexte où la République démocratique du Congo aspire à accélérer son développement économique et à renforcer ses institutions, toute réflexion sur une éventuelle révision ou un changement constitutionnel devrait intégrer les exigences de responsabilité administrative, de transparence financière et de traçabilité des recettes publiques.
L’enjeu ne consiste pas uniquement à modifier l’architecture politique de l’État, mais à construire un cadre institutionnel capable de garantir une gestion efficace, transparente et durable des ressources nationales au bénéfice de l’ensemble de la population.
I. IMPACT POLITIQUE : VERS UN RENFORCEMENT DE L’ÉTAT ET DE SES INSTITUTIONS.
Renforcement de la gouvernance publique.
Une réforme constitutionnelle orientée vers la performance institutionnelle pourrait permettre de renforcer les mécanismes de gouvernance publique.
La Constitution pourrait consacrer :

  • l’obligation de reddition des comptes pour tous les gestionnaires publics ;
  • la responsabilité personnelle des ordonnateurs et comptables publics ;
  • l’évaluation périodique des performances administratives ;
  • l’obligation de publication des données relatives aux recettes et dépenses publiques.
    Une telle orientation favoriserait une administration davantage axée sur les résultats et la qualité du service public.
    Consolidation de l’État de droit.
    La stabilité politique repose sur la crédibilité des institutions.
    L’intégration de principes constitutionnels relatifs à la responsabilité administrative contribuerait à :
  • renforcer la séparation des pouvoirs ;
  • améliorer le contrôle parlementaire ;
  • accroître l’indépendance des institutions de contrôle ;
  • garantir une meilleure application des lois financières.
    Une administration soumise à des obligations claires de responsabilité réduit les risques d’arbitraire et renforce la confiance des citoyens dans l’action publique.
    Institutionnalisation de la transparence.
    La transparence ne devrait plus être uniquement une exigence morale ou administrative, mais devenir une obligation constitutionnelle.
    La Constitution pourrait reconnaître :
  • le droit du citoyen à l’information financière publique ;
  • l’accès aux données budgétaires ;
  • la publication régulière des recettes issues des secteurs stratégiques ;
  • la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
    Cette évolution contribuerait à améliorer la qualité du débat public et à renforcer le contrôle démocratique.
    Participation citoyenne et contrôle social.
    La réforme constitutionnelle pourrait renforcer la participation citoyenne dans le suivi de la gestion publique.
    Les citoyens, la société civile, les universités, les médias et la diaspora pourraient être davantage associés aux mécanismes de contrôle et d’évaluation des politiques publiques.
    Cette participation favoriserait une gouvernance plus inclusive et plus responsable.
    II. IMPACT ÉCONOMIQUE : LA CONSTITUTION COMME LEVIER DE DÉVELOPPEMENT.
    Sécurisation et optimisation des recettes publiques.
    La République démocratique du Congo dispose d’importantes ressources minières, fiscales, douanières et parafiscales.
    Toutefois, l’efficacité de leur mobilisation dépend de la qualité des mécanismes institutionnels.
    Une réforme constitutionnelle pourrait imposer :
  • la traçabilité intégrale des recettes publiques ;
  • la numérisation des procédures de collecte ;
  • l’interconnexion des administrations financières ;
  • l’audit permanent des flux financiers publics.
    Ces mesures permettraient d’améliorer significativement les performances budgétaires de l’État.
    Amélioration du climat des affaires
    Les investisseurs accordent une importance particulière à la qualité des institutions.
    La stabilité juridique, la prévisibilité des règles et la transparence administrative constituent des facteurs essentiels dans les décisions d’investissement.
    Une Constitution garantissant la responsabilité administrative et la transparence financière renforcerait la crédibilité économique du pays et attirerait davantage de capitaux nationaux et internationaux.
    Réduction des pertes financières et des inefficacités
    L’absence de traçabilité favorise les fuites de recettes, les doublons administratifs et les dysfonctionnements dans la chaîne financière publique.
    L’inscription de mécanismes de contrôle dans la Constitution pourrait :
  • réduire les pertes budgétaires ;
  • améliorer le rendement fiscal ;
  • renforcer la discipline financière ;
  • optimiser l’utilisation des ressources publiques.
    Les économies réalisées pourraient être réorientées vers les secteurs prioritaires du développement.
    Accélération du développement humain
    L’amélioration de la gestion des recettes publiques aurait des effets directs sur :
  • l’éducation ;
  • la santé ;
  • les infrastructures ;
  • l’accès à l’eau et à l’électricité ;
  • l’emploi des jeunes.
    Une meilleure gouvernance financière permettrait de transformer plus efficacement les richesses nationales en progrès social.
    III. PROPOSITION INNOVANTE : CONSTITUTIONNALISATION DE LA TRAÇABILITÉ DES RECETTES PUBLIQUES
    Dans le cadre de la modernisation de l’État, il est proposé l’introduction d’un principe constitutionnel de traçabilité des recettes publiques.
    Article proposé :
    « Toute recette publique issue des ressources naturelles, fiscales, douanières, parafiscales ou de toute autre source de financement de l’État fait l’objet d’un système national de traçabilité garantissant sa collecte, son enregistrement, son contrôle, son affectation et sa destination conformément à la loi. »
    Ce principe pourrait servir de fondement juridique à la création d’une Autorité Nationale de Traçabilité chargée :
  • de superviser les mécanismes de traçabilité ;
  • de certifier les flux financiers publics ;
  • d’assurer la transparence des recettes nationales ;
  • de produire des rapports publics réguliers.
    IV. RISQUES ET CONDITIONS DE RÉUSSITE
    Toute réforme constitutionnelle comporte également des défis.
    Pour produire des résultats positifs, elle devrait être accompagnée :
  • d’un large consensus national ;
  • d’une consultation citoyenne inclusive ;
  • d’un renforcement des capacités administratives ;
  • d’une transformation numérique des administrations financières ;
  • d’une volonté politique durable de mise en œuvre.
    Sans mécanismes d’application efficaces, les dispositions constitutionnelles risquent de demeurer symboliques.
    CONCLUSION
    La réflexion sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution en République démocratique du Congo devrait dépasser les considérations purement politiques pour s’inscrire dans une logique de modernisation de l’État et de performance institutionnelle.
    L’objectif fondamental serait de bâtir une Constitution capable de garantir durablement :
  • la responsabilité administrative ;
  • la traçabilité des recettes publiques ;
  • la transparence financière ;
  • la bonne gouvernance ;
  • l’efficacité institutionnelle ;
  • la confiance citoyenne ;
  • le développement économique durable.
    Dans cette perspective, la Constitution devient non seulement un instrument d’organisation du pouvoir, mais également un véritable levier stratégique de transformation économique, sociale et institutionnelle de la Nation congolaise.

  • Coco Engongolo Ilombe
    Concepteur du projet d’Autorité Nationale de Traçabilité en République démocratique du Congo.
    Contacts:
    +243970126658
    +243823959031
    E-mail [email protected].

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