Le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, a lancé de graves accusations contre l’opposition congolaise lors d’une mise au point organisée ce samedi au siège du parti présidentiel, à Limete.
Selon lui, la marche annoncée par l’opposition pour le 8 juillet prochain cacherait un projet visant à s’en prendre aux représentations diplomatiques situées dans la commune de la Gombe.
D’après Augustin Kabuya, les organisateurs de cette manifestation auraient changé de stratégie après l’échec de leur précédent sit-in. « La fois passée, je vous ai dit qu’ils avaient recruté des Mobondo et des Kuluna armés de machettes et de cocktails Molotov pour incendier le Palais du Peuple. Cette fois-ci, avec leur marche programmée le 8 juillet, leur objectif principal serait d’incendier les ambassades à la Gombe », a-t-il déclaré.
Le dirigeant de l’UDPS a également rejeté les accusations portées contre son parti concernant les violences enregistrées lors des récentes manifestations. Il a soutenu que l’UDPS demeure attachée à la non-violence et a dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de mensonges » menée par l’opposition pour discréditer le régime en place.
Revenant sur le sit-in organisé par l’opposition, Augustin Kabuya a affirmé que les organisateurs espéraient provoquer des pertes en vies humaines afin de créer une crise politique. Il a notamment évoqué la diffusion, au cours de sa conférence, d’images montrant des individus munis de machettes.
Attaques contre la CENCO
Le secrétaire général de l’UDPS s’en est également pris à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), et particulièrement à son secrétaire général, l’abbé Donatien Nshole.
Selon lui, la déclaration publiée par la CENCO après les récents événements s’apparente davantage à une prise de position politique qu’à une intervention pastorale. Il a reproché aux évêques de n’avoir pas dénoncé la présence d’hommes armés lors du sit-in de l’opposition et les a accusés de faire preuve de partialité.
« Ils ont décidé de marcher avec les aventuriers. Ce sont des acteurs politiques en soutane », a-t-il lancé, affirmant que certaines personnalités religieuses seraient manipulées par des acteurs politiques hostiles au pouvoir. Et de tirer à boulets rouges sur l’évêque Donatien N’shole : « Il n’a aucun mandat pour parler au nom de qui que ce soit. Il n’est même pas marié pour dire qu’il parle au nom de sa famille, de sa femme ou de ses enfants ! ».
Martin Fayulu et Delly Sessanga dans le viseur
Augustin Kabuya a également remis en cause les circonstances des blessures évoquées par certains leaders de l’opposition.
Concernant Martin Fayulu, il a soutenu que sa blessure n’aurait pas été causée par un projectile. « Il se serait blessé lui-même à l’aide d’une lame de rasoir », a-t-il affirmé.
Il a aussi mis en doute les blessures de Delly Sessanga, estimant que les images diffusées après les manifestations ne corroborent pas la gravité des faits dénoncés par l’opposition. Selon lui, Delly Sessanga se serait blessé avec un fil de fer alors qu’il tentait de fuir.
Défense du bilan gouvernemental
Par ailleurs, Augustin Kabuya a estimé que la CENCO reconnaît, dans sa récente déclaration, les efforts du gouvernement dans plusieurs secteurs, notamment la construction d’écoles, d’hôpitaux et de routes.
Toutefois, il regrette que les évêques n’aient pas, selon lui, suffisamment souligné le contexte difficile dans lequel ces réalisations sont menées, marqué notamment par les défis sécuritaires. Et d’enchaîner « La CENCO a le droit de donner son point de vue. Nous aussi, nous en avons le droit. Nous allons changer la Constitution, qu’ils le veuillent ou pas ».
Le secrétaire général de l’UDPS a enfin réaffirmé son soutien au président Félix Tshisekedi et dénoncé ce qu’il considère comme une hostilité persistante de certains acteurs religieux et politiques envers la famille Tshisekedi.
Il a conclu en appelant la population à ne pas se laisser distraire par ce qu’il qualifie de « mises en scène politiques » et a invité les responsables de l’opposition à apporter des preuves des violences qu’ils dénoncent.
JS
