Alors que les critiques sur sa gouvernance se multiplient, le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito, semble privilégier la confrontation plutôt que les réponses de fond. Après avoir accusé l’ancien ministre des Droits humains, André Lite Asebea, d’être à l’origine de la fronde contre son administration, il pointe désormais du doigt deux élus de Wamba – un député national et un député provincial – qu’il soupçonne de proximité avec Corneille Nangaa.
Pour les observateurs avertis, cette nouvelle offensive politique vise surtout à détourner l’attention des nombreuses controverses qui entourent sa gestion de la province. Ils rappellent notamment les révélations publiées par certains médias de Kinshasa faisant état de liens présumés entre le gouverneur et Corneille Nangaa, présenté comme étant son parent originaire du même terroir.
Au-delà de la polémique politique, c’est la gouvernance minière du Haut-Uélé qui concentre les critiques. Jean Bakomito est accusé d’avoir favorisé l’installation d’exploitants chinois auxquels d’importantes superficies auraient été ouvertes pour une exploitation aurifère semi-industrielle. Selon les informations parvenues dans notre rédaction, ces activités échappent largement au contrôle de l’État et ne génèrent pratiquement aucune retombée financière pour la province ni pour le Trésor public.
Plus grave encore, ces opérateurs seraient autorisés à intervenir jusque dans des concessions privées et dans des périmètres réservés à l’exploitation artisanale, provoquant la colère des communautés locales.
Certains affirment que seule l’intervention du ministre national des Mines a permis de mettre un terme à certaines de ces pratiques.
Les conséquences seraient également environnementales. Les méthodes d’exploitation dénoncées ne respecteraient pas les normes en vigueur et seraient à l’origine de la pollution des eaux, des sols et de l’air.
Des cas de mortalité de poissons sont déjà signalés dans plusieurs cours d’eau de la province, faisant craindre des impacts durables sur la biodiversité et sur la santé des populations.
Pour les observateurs, cette gestion controversée prive le Haut-Uélé de ressources considérables et accentue le sentiment d’abandon d’une population qui attend davantage d’investissements dans le développement de la province.
Dans ce contexte, les accusations portées contre les deux élus de Wamba apparaissent, aux yeux de nombreux critiques, comme une tentative de déplacer le débat. Leur seul tort serait d’avoir relayé les préoccupations de leurs électeurs et d’exiger davantage de transparence dans la gestion de la province.
De plus en plus de voix s’élèvent ainsi pour appeler l’Assemblée provinciale à exercer pleinement son rôle de contrôle afin que la gouvernance du Haut-Uélé soit évaluée à l’aune des engagements pris devant la population.
Au lieu de rechercher des responsables à ses difficultés politiques, Jean Bakomito gagnerait à concentrer ses efforts sur les véritables urgences de la province : une meilleure gouvernance, la transparence dans l’exploitation des ressources minières, la protection de l’environnement et l’amélioration des conditions de vie des habitants.
Monga Narcisse
