Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a reçu, ce vendredi 3 juillet, dans son cabinet de travail, une délégation de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), conduite par son président, Paul Nsapu. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mission d’enquête ouverte par la CNDH depuis le 15 juin dernier afin de faire toute la lumière sur le déroulement de la manifestation organisée par l’opposition le 12 juin 2026 dans la capitale congolaise.
À l’issue de cette mission, la CNDH entend publier un rapport indépendant présentant ses constats et recommandations sur les événements qui ont marqué cette journée. C’est dans cette perspective que les enquêteurs poursuivent leurs consultations auprès des différents acteurs impliqués, notamment les autorités politico-administratives et les services de sécurité.
Prenant la parole au terme de l’audience, le président de la CNDH, Paul Nsapu, a indiqué que cette visite s’inscrivait dans la phase de finalisation des investigations menées par son institution. Selon lui, les échanges avec le gouverneur de Kinshasa permettront d’enrichir le rapport qui sera rendu public dans les prochains jours.
De son côté, Daniel Bumba a présenté aux membres de la Commission la version de l’Hôtel de Ville sur la gestion de cette manifestation. Il a affirmé que toutes les décisions prises par son administration avaient été guidées par le souci de concilier le respect des libertés publiques, notamment le droit de manifester garanti par la Constitution, avec les impératifs de maintien de l’ordre public et de protection des institutions de la République.
Le gouverneur a notamment rappelé que le parcours initialement envisagé par les organisateurs posait, selon les autorités urbaines, des difficultés liées au caractère inviolable du Palais du Parlement. Il a également évoqué la tenue, le même jour, des examens certificatifs dans plusieurs établissements scolaires de la capitale, estimant qu’il était nécessaire de préserver un environnement propice au bon déroulement des épreuves.
Dans cette optique, a-t-il expliqué, l’Hôtel de Ville avait proposé que la manifestation se tienne au terrain Assossa à partir de 13 heures, un horaire qui, selon lui, permettait de limiter les perturbations liées aux examens tout en garantissant l’exercice du droit de manifester.
Daniel Bumba a toutefois regretté que cette proposition n’ait pas été retenue par les organisateurs. Selon lui, la manifestation a ensuite pris une tournure qu’il qualifie de provocatrice, avec, affirme-t-il, la diffusion de messages et de contenus faisant l’apologie de la violence. Le gouverneur a indiqué avoir exprimé sa profonde désapprobation face à cette situation devant les experts de la CNDH, tout en réaffirmant son attachement au respect des lois de la République et des principes démocratiques.
À l’issue de la rencontre, Paul Nsapu a salué la disponibilité du gouverneur à répondre aux préoccupations des enquêteurs. Il a déclaré avoir échangé avec « un homme démocrate et ouvert au débat », avant de confirmer que la Commission nationale des droits de l’homme rendra publiques, dans les tout prochains jours, les conclusions de son enquête indépendante sur les événements du 12 juin.
La réunion a également enregistré la participation de plusieurs responsables des services de sécurité, notamment le directeur provincial de l’Agence nationale de renseignements (ANR), le commandant de la Police ville de Kinshasa ainsi que le commandant de la Légion nationale d’intervention (LENI), dont les contributions devraient également alimenter les conclusions du rapport attendu.
Dany Musangu
