Dans une analyse consacrée aux récents propos de Bertrand Bisimwa, figure de l’AFC-M23, Jean-Paul Bofunda estime que la volonté affichée du mouvement rebelle d’agir « avec ou sans le régime de Kinshasa » et « quoi qu’en dise le monde » traduit les limites de sa stratégie politique.
Pour cet analyste, cette posture témoigne d’un rapport de force diplomatique de plus en plus favorable à la République démocratique du Congo, sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Entre défense de la souveraineté nationale, fermeté diplomatique et enjeux liés à la résolution 2808, il y voit une occasion pour Kinshasa de consolider ses acquis et de poursuivre la bataille pour le rétablissement de la paix dans l’Est du pays.
RDC : Quand l’aveu d’isolement du M23 consacre la victoire diplomatique du Président de la République
Cette récente déclaration de Bertrand Bisimwa, l’une des figures de la » coalition rebelle AFC-M23 » , résonnent comme un puissant révélateur , un aveu d’échec .
En affirmant vouloir imposer une solution » avec ou sans le régime de Kinshasa » et » quoi qu’en dise le monde » , le mouvement armé n’a pas signé un acte de bravoure : il a formulé un aveu d’impuissance .
Derrière la virulence des mots se cache une réalité implacable : la diplomatie de la République Démocratique du Congo a triomphé , enfermant cette coalition de proxys dans un isolement international total et affirmé .
- Le piège de Goma s’est refermé :
Il y a encore peu, la direction de l’AFC-M23 espérait instrumentaliser le passage à Goma du panel de facilitateurs de l’Union Africaine pour s’offrir une légitimité politique et faire chanter l’État congolais.
Le calcul a échoué.
Fidèle au droit international, l’Union Africaine n’est pas venue valider un coup de force. Elle a réaffirmé la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. En refusant de contourner Kinshasa, la diplomatie régionale a opposé une fin de non-recevoir aux insurgés .
Cette réaction de Bisimwa est celle du dépit de la frustration :
Dépouillé de tout espoir de reconnaissance, le mouvement rompt la table des discussions par pure frustration.
- La stratégie des » lignes rouges » de Kinshasa s’avère payante !
Cette rupture discursive consacre la justesse de la ligne politique tenue par le gouvernement congolais. En refusant catégoriquement de céder au chantage des négociations directes avec une rébellion inféodée à des intérêts extérieurs, Kinshasa a asphyxié l’agenda politique du M23 .
La RDC a méthodiquement internationalisé le conflit, documenté le soutien militaire étranger et contraint la communauté internationale à nommer clairement l’agresseur .
Aujourd’hui, les rebelles ne sont plus perçus comme des interlocuteurs valables, mais comme des obstacles majeurs à la paix.
- S’en prendre » au monde » : c’est la rhétorique de l’impasse !
Dire que l’on se battra » quoi qu’en dise le monde » est la posture classique d’une organisation condamnée par l’Histoire.
Privé de perspectives diplomatiques, le mouvement n’a plus que les armes pour exister. Or, une structure militaire dont la survie dépend entièrement d’appuis transfrontaliers ne peut tenir indéfiniment face à un État souverain déterminé et une communauté internationale qui lui tourne le dos.
En conclusion : La guerre à l’Est de la RDC se joue sur les lignes de front, mais elle se gagne aussi dans les chancelleries. À ce jeu, nous venons de remporter une manche décisive .
En poussant ses adversaires à s’aliéner le reste du monde, la RDC prouve que sa fermeté diplomatique est l’arme la plus redoutable pour désarmer les ambitions de ceux qui voulaient la déstabiliser .
Bravo au Président de la République
Dommage que sa communication n’a pas vanté ses mérites dans ce bras de fer diplomatique .
Une grande victoire après celle de la résolution 2808 qui devrait normalement entrer en action pour pouvoir terminer cette imposture avant la fin du mois d’octobre .
Yes we can !
Jean-Paul Bofunda
