L’ancien capitaine des Léopards lutte, Reagan Ndombasi, communément appelé « Élevateur », a été arrêté le 18 juillet 2024 sur l’avenue Banaliya, dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa, dans des circonstances qui continuent de susciter de vives interrogations. Athlète respecté et entraîneur de l’équipe nationale, il avait conduit les Léopards aux Jeux africains de 2024 au Ghana, avant de regagner Kinshasa. Depuis, il réclamait avec insistance les primes promises aux sportifs, ce qui aurait entraîné un bras de fer avec certaines autorités sportives du pays.
Selon des proches, l’ancien capitaine avait multiplié les démarches auprès du Comité olympique et de la Fédération, sans obtenir gain de cause. Ses revendications financières auraient provoqué des tensions directes avec le ministre des Sports de l’époque, François Kabulo Mwana Kabulo, également secrétaire général du Comité olympique, ainsi qu’avec le président de la Fédération de boxe, Ilunga Luyoyo Ferdinand, qui aurait profité de sa casquette de général de la police pour intimider Reagan Ndombasi. Il était également en conflit avec le président du Comité olympique, Amos Mbayo. La famille affirme que Ndombasi aurait même été approché pour être soudoyé avec une somme d’argent afin acheter son silence. Répondant à ce rendez-vous et voyant que ce lieu de la rencontre ne lui inspirait pas confiance, il a été contraint de prendre l’enveloppe lui proposé. Contre toute attente, au lendemain de cette rencontre, Reagan Ndombasi a continué de réclamer son argent auprès de ces dirigeants sportifs.
Le 18 juillet 2024, des policiers et militaires se sont présentés à son domicile, situé dans la commune de Kasa-Vubu sur l’avenue Banalia, pour l’emmener de force. Une vive altercation s’en est suivie, au cours de laquelle un coup de feu a été tiré, créant un climat de panique. L’ancien capitaine a finalement été conduit manu militari vers une destination inconnue. Durant plusieurs jours, ses proches ignoraient où il se trouvait, avant d’apprendre qu’il avait été transféré au camp militaire de Mont Ngaliema à Kinshasa.
La famille dénonce une cabale montée de toutes pièces. Alors que Ndombasi réclamait simplement ses primes, des rumeurs l’accusant d’accointances avec le mouvement rebelle M23 ont commencé à circuler. Pour ses proches, ces accusations ne sont qu’un prétexte visant à museler un sportif qui avait osé tenir tête aux autorités sportives. Sa belle-sœur, Line Masingani, a reçu une balle tirée par l’un des militaires venus arrêter Reagan Ndombasi. Elle a été hospitalisée à l’hôpital général du camp Kokolo, pendant que Reagan était incarcéré à Mont Ngaliema.
Ses proches affirment que l’ex-athlète avait reçu des menaces à plusieurs reprises avant son arrestation.
Aujourd’hui, la famille et les proches de Reagan Ndombasi réclament sa libération immédiate et sans condition. Ils appellent le gouvernement congolais et les instances sportives nationales à assumer leurs responsabilités et à ne pas mêler ce dossier à des considérations politiques. « Ndombasi a servi le drapeau national pendant plus de dix ans, il ne mérite pas ce traitement », insistent-ils, tout en pointant du doigt la responsabilité d’Amos Mbayo et de l’ancien ministre des Sports, Kabulo Mwana Kabulo, dans cette affaire.
CB
