En Ituri, l’armée congolaise revoit sa stratégie face au groupe armé Zaïre, longtemps considéré comme une force d’autodéfense communautaire. Désormais classé comme ennemi à neutraliser, le groupe est accusé d’avoir mené plusieurs attaques contre les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), marquant un tournant décisif dans les rapports entre les deux camps.
Le changement de posture a été confirmé le jeudi 15 mai 2025 par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée dans la région : « Dès l’instant où ils visent nos positions, ils deviennent des ennemis à neutraliser », a-t-il déclaré. Ces propos marquent une rupture avec la perception initiale du groupe Zaïre, qui se présentait comme un rempart contre les violences communautaires et les milices rivales.
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu dans la province de l’Ituri, où les affrontements entre groupes armés se multiplient. Malgré les efforts déployés dans le cadre des programmes de désarmement, dont la reddition de 600 combattants du groupe Zaïre en janvier dernier, les attaques récentes ont mis à mal les espoirs de paix.
Selon les FARDC, le groupe aurait délaissé son engagement au dialogue et à la démobilisation pour reprendre les armes contre l’État. « Nous appelons la population à ne pas se laisser entraîner par ce qu’elles qualifient de manipulations », a poursuivi le lieutenant Ngongo, en appelant les habitants à faire preuve de vigilance et de collaboration avec les autorités.
L’armée annonce désormais des opérations ciblées contre les membres actifs du groupe Zaïre, insistant sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État dans une région marquée par des années d’instabilité chronique. « Les FARDC sont déterminées à protéger la population contre toutes les menaces », a assuré l’officier.
CB
