La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a franchi une étape décisive dans le différend judiciaire opposant la République démocratique du Congo au Rwanda. Siégeantce jeudi 26 Juin à Arusha, en Tanzanie, cette instance continentale a jugé recevable la plainte introduite par Kinshasa contre Kigali, marquant ainsi le début d’un procès historique sur fond de violences persistantes à l’Est de la RDC. « La Cour s’est déclarée compétente pour siéger sur les faits présentés par Kinshasa contre Kigali », a confirmé ce jeudi 26 juin 2025 le ministère congolais de la Justice.
Portée par Samuel Bemba, ministre de la Justice par intérim, la requête congolaise accuse le Rwanda de « pillages systématiques des ressources naturelles, d’agressions et de massacres des populations civiles » sur une période couvrant plus de trente ans. Kigali a rejeté ces accusations en bloc, mais la Cour a écarté ses objections, lui accordant néanmoins un délai de 90 jours pour présenter sa défense. Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme de la RDC, cité par l’ACP, a salué cette décision comme un pas vers la vérité.
L’initiative judiciaire de la RDC remonte à décembre 2024, lorsque Samuel Bemba, alors vice-ministre de la Justice en charge du contentieux international, avait déposé la plainte. Celle-ci a conduit à l’ouverture officielle du procès le 12 février 2025 à Arusha. Durant deux jours, la Cour avait évalué la recevabilité de l’affaire. La partie congolaise y avait notamment présenté des preuves documentant « l’activisme du Rwanda » dans l’est de son territoire, tandis que Kigali plaidait l’incompétence de la juridiction africaine.
Le caractère inédit de cette procédure ouvre la voie à un jugement international attendu de longue date par de nombreuses victimes et organisations de la société civile. Pour Kinshasa, cette action en justice vise à obtenir des sanctions contre « ce pays voisin considéré comme agresseur selon plusieurs rapports des Nations unies », renforçant ainsi sa stratégie diplomatique de contre-offensive dans les instances internationales.
CB
