L’affaire risque d’éclabousser à coup sûr le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, qui vient de passer une année d’inaction à la tête de la plus vaste province de la RDC, avec comme bilan un zéro pointé sur toute la ligne.
La province de la Tshopo traverse une situation peu reluisante, caractérisée par une mégestion à grande échelle, fruit d’une année de gouvernance approximative de Paulin Lendongolia. Alors que son avènement avait suscité une lueur d’espoir pour relever le défi du développement de cette entité plongée depuis longtemps dans le gouffre de la mauvaise gouvernance, Paulin Lendongolia semble, curieusement, avoir embrassé ces mêmes travers autrefois dénoncés. Comme on dit : « chassez le naturel, il revient au galop ».
Tenez. D’après une enquête minutieuse menée par nos fins limiers, il nous revient de sources locales, sur place à Kisangani, que Paulin Lendongolia n’est pas le saint qu’on croyait. On a simplement déshabillé saint Pierre pour habiller saint Paul, car les mêmes pratiques jadis fustigées refont surface, au point où la province stagne dangereusement. Pour mieux puiser dans les caisses provinciales, nos sources révèlent que l’actuel locataire du gouvernorat a pris soin de placer ses hommes de confiance partout où transite l’argent. À titre illustratif, au ministère des Finances, il a installé son homme de confiance — un frère de terroir. Ce n’est pas tout. À la DGRPT, un autre frère du gouverneur a été bombardé directeur général. Voilà comment la province est gérée selon le principe du Mashi a mu menu, une formule qui a engendré une gabegie financière sans précédent.
À cela s’ajoute le copinage entre le gouverneur et le tout-puissant Type Tambwe, président de la FEC et des importateurs de produits pétroliers dans la région. Au lieu que l’argent de la taxe conventionnelle sur les produits pétroliers serve à la réhabilitation des routes, les deux complices se la coulent douce, sans la moindre gêne. Toujours selon nos sources, les fonds issus d’autres taxes — notamment la taxe forestière et celle payée par la Bralima, estimés à plus d’un million de dollars américains par mois — seraient détournés sans vergogne par Paulin.
La ville de Kisangani ressemble aujourd’hui à une brousse : les routes y sont quasiment inexistantes. Tous les chantiers lancés par Paulin Lendongolia, tant dans la ville que dans certains territoires, sont à l’arrêt. Au centre-ville, les seuls travaux en cours sont ceux financés par le ministère des Finances via le BCECO, mais le gouverneur tente de berner les Boyomais en les présentant comme des réalisations du gouvernement provincial.
Paulin Lendongolia est aujourd’hui incapable de financer les travaux urbains avec les moyens qu’il collecte ici et là, préférant les dilapider dans des boîtes de nuit en les distribuant aux DJ. Triste réalité.
Il est impératif que l’Inspection générale des finances (IGF) se saisisse de ce dossier et diligente une enquête urgente dans la province de la Tshopo.
Nous y reviendrons avec force détails.
Jeff Saile
