Une grève générale paralyse actuellement le Port de Matadi, alors que les travailleurs de l’office national des Transports (ONATRA SA) dénoncent un climat social tendu et réclament l’intervention des autorités. Dans une correspondance adressée à la Première ministre, les syndicats représentatifs de l’entreprise ont exprimé leur vive inquiétude face à la situation professionnelle qui prévaut sur le site portuaire, qualifiant le mécontentement des employés de « préoccupant ».
Selon la lettre datée de ce jeudi 25 septembre 2025, les syndicats avaient déjà tiré la sonnette d’alarme auprès des autorités, notamment par une correspondance précédente du 16 septembre évoquant « l’imminence d’un arrêt de travail ». La grogne des travailleurs porte principalement sur la société privée MCTC, partenaire dans les opérations portuaires, accusée de ne pas respecter les accords bilatéraux et de vouloir imposer sa volonté au gouvernement, ce qui, selon les syndicats, a exacerbé les tensions.
La situation a basculé le 24 septembre, lorsque les employés ont déclenché une grève générale en réaction au projet d’extension de 30 mètres du linéaire des quais, jugé imposé sans consultation préalable. Le Bureau Syndical demande aux autorités de prendre des mesures urgentes pour protéger les droits des travailleurs et garantir le paiement des créances de l’ONATRA sur l’État, estimées à 205 millions de dollars, nécessaires pour honorer les dettes sociales et financer le plan de relance de l’entreprise.
Les syndicats réclament également la convocation d’une réunion tripartite afin de revoir tous les contrats portuaires conclus au Port de Matadi, en violation selon eux de l’article 56 de la Constitution et des procédures internes fixées par le Conseil Supérieur du Portefeuille. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de tensions prolongées autour de la gestion des quais et de l’attribution de certaines concessions portuaires à des partenaires privés, notamment DP WORLD/Matadi.
Face à cette crise, le Bureau des Syndicats Représentatifs réaffirme son soutien au mouvement et demande la suspension de l’occupation du quai 7 par MCTC, l’annulation du contrat de cession des quais 8 et 9, le paiement des arriérés de salaire et le versement des redevances au Fonds Social ONATRA. Jusqu’à la résolution de ces revendications, la grève générale se poursuit, perturbant les activités portuaires et appelant à une intervention rapide du gouvernement pour rétablir le calme.


CB
