Dans plusieurs provinces de la RDC, les enseignants font face à des retards persistants dans le paiement de leurs salaires, une situation devenue récurrente au fil des mois. Du Kwilu au Sud-Ubangi, en passant par le Kasaï, le même constat se répète : malgré l’affirmation des autorités selon laquelle les fonds sont bel et bien alloués, la chaîne de paiement se brise au niveau des banques commerciales chargées de la distribution. Un dysfonctionnement qui plonge les enseignants dans une précarité de plus en plus inquiétante et menace la stabilité du calendrier scolaire.
Kasaï : la grève en vue face à trois mois d’impaiement
Au Kasaï, les provinces éducationnelles Kasaï I et II sont particulièrement touchées, avec trois mois de salaires impayés. Exaspérés, les enseignants se préparent à lancer un mouvement de grève si la situation n’est pas rapidement régularisée. Conscient du risque de perturbation grave des cours, le gouverneur Crispin Mukendi s’est rendu à Kinshasa pour rencontrer le vice-ministre de l’Éducation, Théodore Kazadi. Son déplacement vise à obtenir des garanties quant à la régularité de la paie et à plaider pour la mécanisation des écoles et des nouvelles unités encore délaissées.
Idiofa : les enseignants pris dans un blocage sans issue
Dans le territoire d’Idiofa, dans la province du Kwilu, la situation n’est guère meilleure. Là aussi, trois mois d’impaiement ont plongé les enseignants particulièrement ceux des secteurs du Sud dans une profonde détresse. La banque chargée de la paie étant incapable d’exécuter les opérations, les enseignants doivent attendre qu’une nouvelle institution financière reprenne le processus. Une réunion entre les élus du territoire et la DINACOPE, tenue le 13 novembre, a tenté d’apporter une réponse à ce blocage, sans toutefois dissiper toutes les inquiétudes.
Un malaise structurel qui menace l’avenir des élèves
Ce retard chronique n’est pas un phénomène ponctuel : à Idiofa, il perdure depuis le début de l’année, malgré le déblocage régulier des fonds par le gouvernement central. Pour les acteurs éducatifs, le problème est désormais structurel et met en péril la continuité pédagogique. Entre déplacements coûteux, classes abandonnées et moral en berne, les enseignants peinent à remplir leur mission, tandis que les élèves subissent de plein fouet les conséquences d’un système de paie défaillant. À défaut d’une solution durable, l’année scolaire risque d’être lourdement compromise dans plusieurs provinces.
CB
