Les lignes de front ont de nouveau bougé dans le territoire de Masisi, où les villages de Kashanje et Nyampanika sont passés sous le contrôle des groupes d’autodéfense Wazalendo après de violents combats contre les rebelles de l’AFC/M23. L’opération, menée dans la nuit de samedi à dimanche 16 novembre, marque un repositionnement important dans la zone de Mweso, régulièrement disputée par plusieurs factions armées.
Selon les témoignages recueillis auprès d’habitants et d’acteurs locaux, l’assaut des Wazalendo a été déclenché samedi soir sur plusieurs positions tenues par l’AFC/M23. Les affrontements, particulièrement intenses, n’ont pris fin qu’au petit matin, lorsque les combattants d’autodéfense ont réussi à contraindre les rebelles à battre en retraite. Les deux localités ont été sécurisées dans la foulée, mettant fin à plusieurs heures d’incertitude pour les communautés restées sur place.
Pour les organisations de la société civile de la chefferie de Bashali, cette avancée représente un souffle d’espoir dans une région fragilisée par des mois d’instabilité. Elles estiment que la reprise de Kashanje et Nyampanika pourrait améliorer la sécurité sur l’axe stratégique Mweso–Kashanje, régulièrement exploité par divers groupes armés pour leurs mouvements et leurs opérations. Cet axe, crucial pour la circulation des personnes et des biens, reste néanmoins exposé à d’éventuelles contre-offensives.
La chefferie de Bashali demeure toutefois l’un des points les plus sensibles de la province du Nord-Kivu, en raison de sa position centrale dans les dynamiques territoriales et militaires. Bien que cette progression des Wazalendo soit saluée localement, les ONG rappellent que les combats y ont été récurrents ces derniers mois et que la stabilisation durable de la zone dépendra d’efforts plus larges, incluant la protection des civils et un engagement soutenu des autorités pour restaurer l’ordre.
CB
