Les signes d’un désengagement inquiétant de l’État se multiplient sur le tronçon Katende–Kena Nkuna de la RN1, où le chantier est complètement à l’arrêt depuis plusieurs jours. Là où devait s’ouvrir une voie stratégique pour désenclaver Kabeya Kamuanga, ne subsistent aujourd’hui que des engins immobiles et un silence révélateur d’un projet abandonné.

Dans une motion d’information déposée, à l’Assemblée provinciale du Kasaï oriental, le lundi 24 novembre le député Jean-Claude Kalonji a dénoncé la gestion chaotique du chantier, mais surtout l’abandon total des ouvriers laissés sans salaire pendant des mois. Selon ce représentant du peuple,les conditions imposées par l’entreprise chargée des travaux sont « inhumaines » et ont poussé la majorité des travailleurs à quitter le site.
Pour l’élu de Kabeya Kamuanga, cet abandon n’est pas seulement imputable à l’entreprise : il reflète aussi un manque de suivi et de fermeté des autorités publiques. La qualité des travaux déjà réalisés est jugée médiocre, tandis que l’absence de contrôle de l’État permettrait, selon lui, de telles dérives. Conséquence directe : l’exécution du projet est totalement paralysée.
Seule la section Mbuji-Mayi – Katende semble encore évoluer, prise en charge par Safrimex, qui avance progressivement sur les 30 premiers kilomètres. Mais cette progression isolée ne suffit pas à masquer le retard global accumulé sur l’ensemble de la RN1 dans cette partie de la province.
Face à ce blocage, Jean-Claude Kalonji exige une intervention urgente des autorités provinciales et nationales. Il appelle à remettre de l’ordre dans la gestion du chantier, à garantir les droits des ouvriers et à relancer un projet vital pour la mobilité et le développement de Kabeya Kamuanga.
La RN1 demeure une route stratégique, pour cette province située au cœur de la République démocratique du Congo, car elle permet une fluidité de plusieurs échanges commerciaux entre les populations rurales et urbaines dans cette partie du pays.
Nathan Mbuyi
