Le président Félix Tshisekedi a livré ce lundi 8 décembre son discours annuel sur l’état de la nation devant le Parlement réuni en Congrès au Palais de la Nation. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques, le chef de l’État a appelé à une mobilisation nationale et réaffirmé sa détermination à maintenir la RDC debout face aux crises. « Malgré les épreuves, nous demeurerons debout et résolument tournés vers l’avenir », a-t-il souligné.
Sur le plan sécuritaire, le président a dénoncé les offensives de la rébellion AFC/M23, qu’il accuse d’être soutenue par l’armée rwandaise. Il a rappelé que le retrait effectif des forces étrangères est une condition sine qua non pour restaurer pleinement la souveraineté nationale. « Malgré notre bonne foi, le Rwanda viole déjà ses engagements », a-t-il averti, en insistant sur le fait que les accords de Doha et de Washington ne cèdent aucun territoire ni ressources à des intérêts extérieurs.
Félix Tshisekedi a tenu à clarifier la nature des conflits dans l’Est de la RDC. Il a affirmé qu’il ne s’agit pas de tensions communautaires, mais d’une guerre orchestrée pour s’approprier les ressources minières et affaiblir les institutions congolaises. Selon lui, les FARDC et les forces Wazalendo ont opposé une résistance déterminée, tandis que les discussions diplomatiques menées au Qatar visent à obtenir le désengagement militaire des groupes armés.
Le président a par ailleurs souligné la nécessité de renforcer les capacités nationales de défense. Il a rappelé que la mission de la SADC, active entre 2023 et 2025, a confirmé que nul dispositif extérieur ne peut remplacer la responsabilité première de l’État congolais. La RDC, a-t-il insisté, doit désormais consolider sa souveraineté tout en maintenant des partenariats internationaux dans le cadre de la légalité constitutionnelle.
Sur le plan économique, Félix Tshisekedi a présenté des résultats encourageants. Le franc congolais s’est apprécié de 29 % par rapport au dollar, les réserves de change atteignent près de 7,4 milliards de dollars, et des projets structurants sont en cours, incluant la réhabilitation de 38 000 km de routes de desserte agricole et la modernisation des aéroports du pays.
Le chef de l’État a également alerté sur les problématiques urbaines, particulièrement à Kinshasa. Les embouteillages, l’insalubrité et la gestion défaillante des déchets constituent, selon lui, des défis majeurs qui nécessitent une réponse coordonnée et stratégique. Il a exhorté les autorités à transformer ces contraintes en opportunités pour améliorer la gouvernance et la qualité de vie des habitants.
Enfin, le président a mis en lumière les avancées sociales, notamment dans l’éducation. La construction de 1 384 nouvelles écoles et l’octroi d’un supplément salarial aux enseignants dans le cadre de la gratuité accélérée de l’enseignement primaire ont été présentés comme des mesures concrètes au service du développement humain. Félix Tshisekedi a conclu en assurant que l’État restera aux côtés des populations touchées par les violences et les difficultés, réaffirmant son engagement pour la sécurité, la justice et le progrès durable de la RDC.
CB
