Huit mois après son arrivée à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso peine déjà à rassurer sur sa capacité à préserver les acquis laissés par son prédécesseur, Marie-France Malangu Kabedi Mbuyi. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les réserves internationales de la RDC connaissent une baisse inquiétante alors qu’elles avaient atteint un niveau historique de plus de 8 milliards USD au début du mois de mai 2026.
En seulement deux semaines, les réserves de change ont chuté de près de 237 millions USD, passant de 8,046 milliards USD à 7,653 milliards USD. Une situation qui soulève de sérieuses interrogations sur la stratégie monétaire actuellement menée par la BCC.
Contrairement à Marie-France Malangu Kabedi, qui avait réussi l’exploit de faire passer les réserves internationales de 1,4 milliard USD à 7,7 milliards USD en quatre ans, André Wameso donne l’impression de gérer les acquis sans véritable vision de consolidation durable.
Pire encore, plusieurs analystes estiment que la Banque centrale recourt massivement aux réserves de change pour soutenir artificiellement le franc congolais.
Cette politique d’intervention permanente traduit avant tout la fragilité persistante de la monnaie nationale.
Dans un régime de change flottant, la Banque centrale n’est censée intervenir qu’en cas de choc majeur. Or, sous André Wameso, les injections répétées de devises sur le marché donnent l’image d’une institution qui tente désespérément de contenir une pression monétaire qu’elle ne maîtrise pas réellement.
Le danger est évident : brûler les réserves du pays pour maintenir une stabilité de façade expose l’économie congolaise à des risques majeurs en cas de crise extérieure ou de ralentissement des recettes en devises. Une telle approche ne constitue pas une réforme structurelle, mais plutôt une fuite en avant.
Le contraste avec la gestion précédente devient de plus en plus visible. Là où Marie-France Malangu Kabedi avait renforcé la crédibilité de la BCC et restauré la confiance des partenaires financiers internationaux, l’actuelle direction semble davantage préoccupée par les effets immédiats sur le taux de change que par la solidité durable du cadre macroéconomique.
Les avertissements de la Banque mondiale publiés en mars 2026 apparaissent aujourd’hui comme un sérieux rappel à l’ordre. L’institution internationale appelait clairement la RDC à renforcer la crédibilité de la Banque centrale, à favoriser une plus grande flexibilité du taux de change et à limiter les interventions excessives sur le marché des devises.
En continuant à puiser dans les réserves pour défendre artificiellement le franc congolais, André Wameso prend le risque d’affaiblir progressivement l’un des rares indicateurs macroéconomiques qui avaient connu une amélioration significative ces dernières années.
La stabilité monétaire ne peut pas reposer éternellement sur la consommation accélérée des réserves nationales. À défaut d’une stratégie économique cohérente et crédible, la RDC pourrait rapidement assister à l’érosion d’un matelas financier construit au prix de plusieurs années d’efforts.
Antoine Botshili
Source : Banque centrale du Congo (BCC). Analyse inspirée du texte d’Amédée Mwarabu de Finaces-entreprises.com/Rdc
