La Commission de l’Union africaine (UA) s’inquiète de la nouvelle détérioration de la sécurité dans l’est de la République démocratique du Congo, alors que des affrontements se multiplient dans le Sud-Kivu et que les violences gagnent également la province burundaise de Cibitoke. Dans un communiqué publié ce jeudi 11 décembre,par son président, Mahmoud Ali Youssouf, l’UA affirme suivre de près ces évolutions qui, selon elle, témoignent d’un risque d’escalade susceptible de déstabiliser davantage la région des Grands Lacs.
L’organisation continentale déplore les violences visant les civils, rappelant qu’elles remettent en cause les avancées espérées à la suite des récents accords régionaux, notamment ceux de Doha et de Washington destinés à atténuer les tensions entre la RDC, le Rwanda et les groupes armés actifs sur le terrain. Pour la Commission, la multiplication des incidents armés et les accusations mutuelles entre acteurs régionaux compromettent la recherche d’un cessez-le-feu durable et fragilisent les efforts entrepris pour contenir l’instabilité chronique qui frappe le Sud-Kivu.
Dans sa mise en garde, l’Union africaine insiste sur le respect impératif de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États de la région, un principe qu’elle considère comme essentiel à la restauration de la sécurité. Elle condamne en particulier les tentatives d’imposer des structures administratives parallèles dans l’est de la RDC, jugeant ces initiatives contraires aux mécanismes régionaux de paix et susceptibles d’alimenter davantage les tensions entre groupes armés et autorités nationales.
Tout en appelant les parties prenantes à se conformer pleinement aux engagements pris dans le cadre d’Addis-Abeba et dans les accords de non-agression de la région des Grands Lacs, l’UA se dit prête à relancer un dialogue sécuritaire élargi. L’objectif, selon la Commission, est de réunir les pays concernés autour d’une approche concertée afin d’endiguer l’instabilité persistante à l’est de la RDC, où les populations continuent de payer le prix d’un conflit qui ne montre aucun signe d’apaisement.
CB
