À Lubefu, dans la province du Sankuru, le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), présenté par le président Félix Tshisekedi comme un levier majeur du développement à la base, est aujourd’hui au cœur d’une vive controverse. À quelques jours de l’échéance fixée au 31 décembre 2025 pour la livraison des ouvrages de la première phase, le député national Hyppolite Djongambo Ndjadi dénonce une négligence grave dans l’exécution du programme, allant jusqu’à parler d’un sabotage des objectifs présidentiels.
Dans une motion d’information déposée à l’Assemblée nationale, l’élu de Lubefu fait état d’un tableau alarmant : chantiers abandonnés depuis plusieurs années, projets jamais lancés, matériaux de construction détournés ou détériorés, et main-d’œuvre locale impayée depuis près de deux ans. Selon lui, ces dysfonctionnements traduisent un manque flagrant de suivi et de responsabilité dans la mise en œuvre du PDL-145T sur le terrain.
Le député regrette par ailleurs que sa démarche n’ait pas suscité de réaction concrète avant l’entrée en vacances parlementaires, mi-décembre. Il estime que l’absence de réponses claires du Gouvernement sur les causes de ces retards et sur les mesures correctives envisagées renforce le sentiment d’abandon ressenti par les populations locales, pourtant premières bénéficiaires du programme.
La situation de Lubefu n’est cependant pas un cas isolé. Plusieurs provinces confiées au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans le cadre du PDL-145T accusent des retards similaires. Chargée de la réalisation de centaines d’écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs dans neuf provinces, l’agence onusienne est critiquée pour la lenteur de ses procédures et une exécution jugée peu efficace.
À l’approche de la date butoir fixée par le chef de l’État et réaffirmée lors des instances nationales, les doutes persistent quant à la capacité du Gouvernement à présenter un bilan satisfaisant de cette première phase, notamment pour les projets sous gestion du PNUD. Pour de nombreux observateurs, ces manquements relèvent moins d’un manque de moyens que d’une négligence persistante dans la gouvernance et le suivi d’un programme pourtant stratégique pour le développement rural en République démocratique du Congo.
Nathan Mbuyi
