La République démocratique du Congo a exposé ce samedi 3 janvier à Kinshasa un signal fort : sept militaires rwandais et huit civils de la sous-région, capturés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ont été présentés devant la presse. Cette démonstration, selon les autorités, vise à mettre en lumière l’ingérence étrangère dans les conflits qui secouent l’Est du pays depuis
plusieurs années.
Parmi les militaires capturés, un major et un capitaine, figures de l’état-major rwandais, confirment, selon les FARDC, l’implication directe de Kigali dans les combats. « L’armée rwandaise maintient jusqu’à aujourd’hui ses militaires sur le territoire de la RDC », a déclaré le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole par intérim des FARDC, dans une déclaration qui résonne comme un écho aux accusations répétées de Kinshasa contre son voisin.
Les mots du lieutenant-colonel Hazukay peignent un tableau où les lignes de front ne sont plus seulement physiques mais aussi diplomatiques : Kigali est accusé de soutenir des groupes rebelles, notamment le M23, et de chercher à influer sur la stabilité régionale par des manœuvres indirectes. Dans ce contexte, chaque captif devient à la fois un témoignage et un avertissement sur l’ampleur des ingérences étrangères.
Les FARDC ont précisé que les détenus seront remis aux autorités compétentes pour la suite des procédures légales. Le gouvernement congolais, de son côté, insiste sur l’urgence de protéger la souveraineté nationale et de défendre l’intégrité du territoire face à ce qu’il qualifie de « présence militaire étrangère illégale », un message clair qui résonne au-delà des frontières et rappelle la fragilité des équilibres dans la région des Grands Lacs.
CB
