La CAN 2025 s’inscrit comme un tournant majeur dans l’histoire du football africain. Pour la première fois à ce niveau de la compétition, les quatre sélectionneurs demi-finalistes sont issus du continent. Walid Regragui, Hossam Hassan, Pape Thiaw et Éric Chelle incarnent bien plus qu’un succès sportif ponctuel : ils illustrent la montée en puissance d’une expertise locale longtemps sous-estimée.
Cette édition marque ainsi une étape symbolique où l’Afrique démontre sa capacité à diriger son football avec ses propres compétences.
Pendant des décennies, la confiance a majoritairement été accordée à des techniciens venus d’ailleurs, perçus comme plus rigoureux ou mieux armés tactiquement. La CAN 2025 confirme que cette logique appartient progressivement au passé. Les résultats récents, et notamment ce dernier carré 100 % africain, renforcent une tendance déjà visible lors des précédentes éditions : les entraîneurs du continent ne sont plus des solutions de repli, mais des choix stratégiques crédibles et performants, même dans une compétition élargie et plus exigeante.
Ces sélectionneurs partagent un profil commun : celui d’anciens internationaux formés par l’expérience du haut niveau. Ils comprennent les attentes populaires, les réalités culturelles et la pression qui accompagne chaque sélection nationale. À cette connaissance intime du terrain africain s’ajoute une approche moderne du jeu, nourrie par des parcours en Europe et des références solides sur la scène internationale. Ils incarnent une génération capable de concilier identité locale et standards mondiaux.
Quel que soit le vainqueur final à Rabat, la CAN 2025 aura déjà délivré un message fort. Le football africain ne se limite plus à produire des joueurs talentueux ; il affirme désormais son leadership, son intelligence tactique et sa vision à long terme. Sur les terrains comme sur les bancs de touche, l’Afrique avance avec ses propres idées et valorise un capital humain longtemps négligé, ouvrant une nouvelle ère de confiance et d’ambition assumée.
Nathan Mbuyi
