La situation du Dr Maindo Alongo Mike-Antoine suscite une vive préoccupation au sein de l’opinion publique congolaise et des organisations de la société civile, au regard des menaces sécuritaires dont il affirme faire l’objet.
Médecin gynécologue-obstétricien, secrétaire général de la Société congolaise de gynécologie et d’obstétrique (SCOGO), conseiller national de l’Ordre des médecins de la RDC, mais aussi chercheur et doctorant à l’Université de Kisangani, il déclare être ciblé par des pressions répétées aux contours jugés préoccupants.
D’après des sources proches du dossier, le praticien a été convoqué à plusieurs reprises par les services de la Détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP), notamment les 30 novembre 2023 et 10 décembre 2024.
Lors de ces auditions, les échanges auraient principalement porté sur ses déplacements fréquents dans la partie Est du pays.
Cependant, certaines indiscrétions évoquent une autre lecture de ces convocations: une forme de pression indirecte liée aux prises de position publiques de membres de sa famille.
Le Dr Maindo est en effet le jeune frère du professeur ordinaire Alphonse Maindo Mongangonga, enseignant à la Sorbonne à Paris et à l’Université de Kisangani, connu pour ses analyses critiques sur la gouvernance et les enjeux sécuritaires en RDC. Ce dernier est également réputé proche du Dr Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix 2018.
Par ailleurs, il est aussi le frère de Gabriel Maindo, figure de l’opposition dans la diaspora congolaise, régulièrement critique envers la gestion du pouvoir en place.
Selon plusieurs sources, ces engagements académiques et politiques pourraient expliquer les pressions exercées sur leur famille.
Les inquiétudes se sont accentuées ces dernières semaines. Il y a environ trois semaines, des individus non identifiés, se présentant comme des agents de la DEMIAP, se seraient rendus au domicile du médecin à Kinshasa dans l’intention de procéder à son interpellation, sans présenter de mandat officiel.
Quelques jours plus tard, une tentative similaire aurait été enregistrée, sans succès, le Dr Maindo étant alors absent.
Des informations concordantes font état d’un projet d’arrestation visant à lui imputer des faits graves tels que la haute trahison, l’association de malfaiteurs ou encore la participation à un mouvement insurrectionnel.
Ces accusations seraient liées à sa présence à Goma durant une période sensible marquée par l’occupation de la ville par les rebelles du M23.
Toutefois, ses proches rejettent ces allégations, affirmant que ses déplacements relevaient strictement de ses responsabilités professionnelles, notamment dans le cadre de ses fonctions au sein de la SCOGO et de l’Ordre des médecins, ainsi que d’un contrat signé en août 2024 avec la Clinique Notre Vie (CLINOVIE) basée à Goma.
Selon certaines confidences, grâce à l’intervention d’un officier supérieur qui aurait permis d’éviter une arrestation lors des précédentes convocations.
Plus récemment, ce dernier aurait conseillé au médecin de ne plus répondre à d’éventuelles sollicitations, craignant une détention aux motivations controversées, indépendamment des éléments de preuve.
Dans un contexte national marqué par des arrestations liées à des soupçons de collaboration avec des groupes armés, plusieurs observateurs dénoncent des dérives possibles dans l’administration de la justice, en particulier dans sa composante militaire.
Des procédures parfois jugées expéditives alimentent les inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux.
Face à cette situation, la famille du Dr Maindo tire la sonnette d’alarme et prévient qu’elle tiendra pour responsables tous les acteurs impliqués dans ces menaces. Elle appelle également les organisations de défense des droits humains, les autorités judiciaires ainsi que la communauté nationale et internationale à suivre ce dossier avec la plus grande vigilance.
Au-delà du cas du Dr Maindo, cette affaire relance le débat sur la protection des professionnels de santé, des chercheurs et des acteurs de la société civile dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible en République démocratique du Congo.
CP
