Depuis Goma, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a vivement critiqué la gestion actuelle des institutions congolaises dans une interview accordée à un média belge. Il estime que le cadre constitutionnel est progressivement vidé de sa substance, dénonçant une situation où, selon lui, les règles fondamentales de l’État ne sont plus respectées. À ses yeux, les débats actuels autour d’une révision de la Constitution masqueraient en réalité une volonté plus profonde de changer entièrement le texte, une initiative qu’il juge périlleuse pour la stabilité du pays.
L’ancien chef de l’État a également élargi ses critiques à la communauté internationale, en particulier à la Belgique, dont il questionne l’approche dans ses relations avec Kinshasa. Tout en saluant certaines initiatives judiciaires visant des acteurs impliqués dans des dossiers liés à la RDC, il appelle Bruxelles à reconsidérer sa posture afin de préserver sa crédibilité. Sur le plan politique interne, il revient sur les accords de 2019 entre sa formation politique et celle du président Félix Tshisekedi, affirmant que l’esprit de coopération initial n’aurait pas été respecté au fil du temps.
Dans un ton plus alarmiste, Joseph Kabila exhorte les Congolais à se mobiliser face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire, en invoquant les dispositions constitutionnelles qui appellent à la défense de l’ordre légal.
Évoquant sa présence à Goma, il affirme vouloir contribuer au dialogue et à la paix, tout en mettant en garde contre une évolution de la crise vers une situation comparable à celle du Soudan. Sans confirmer les rumeurs le concernant, il dit rester attentif aux développements, appelant à une réflexion collective sur l’avenir du pays.
CB
