La polémique autour de la société Plantations et Huileries du Congo (PHC) prend une nouvelle dimension. Alors que le député national Antoine Bushabu tente de mettre en difficulté le ministre Jean-Lucien Busa à travers une question orale avec débat, le Conseil d’administration de PHC est monté au créneau pour défendre l’action du membre du gouvernement et dénoncer ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement à forte coloration politique.
Selon plusieurs sources proches de l’organe dirigeant de l’entreprise, les accusations relayées contre Jean-Lucien Busa ne reposeraient sur aucun élément probant. Les administrateurs estiment qu’il s’agit davantage d’une tentative de pression politique que d’une véritable démarche de contrôle parlementaire. Certains n’hésitent pas à qualifier cette offensive de manœuvre destinée à fragiliser un ministre dont le bilan à la tête de plusieurs portefeuilles gouvernementaux est généralement jugé positif.
Au sein de PHC, l’on regrette particulièrement l’exploitation politique d’un dossier économique complexe. Les responsables de l’entreprise rappellent que la situation financière de la société était particulièrement préoccupante ces dernières années. En juin 2025, PHC faisait face à plus de 80 millions de dollars de dettes cumulées, tandis que ses besoins urgents de recapitalisation dépassaient les 23 millions de dollars.
Les administrateurs soulignent également que l’État congolais, pourtant actionnaire à hauteur de 23 %, n’a pas participé aux efforts financiers consentis pour sauver l’entreprise. Dans ce contexte, affirment-ils, ce sont les investisseurs et les organes de gestion qui ont assumé la lourde responsabilité de maintenir l’activité de la société à flot afin d’éviter une faillite aux conséquences sociales dramatiques.
Pour le Conseil d’administration, les efforts déployés ont permis de préserver des milliers d’emplois directs et indirects, mais aussi de maintenir le fonctionnement de plusieurs infrastructures communautaires, notamment des écoles, des centres de santé et d’autres services sociaux dont dépendent de nombreuses familles vivant dans les zones d’exploitation de PHC.
Dans les coulisses, certains observateurs dénoncent une pratique devenue récurrente dans les milieux politiques : utiliser les mécanismes de contrôle parlementaire comme moyen de pression ou de chantage politique contre des membres du gouvernement. Une méthode qui, selon eux, détourne l’esprit même de la mission de contrôle confiée aux députés.
Face à cette nouvelle salve de critiques, le Conseil d’administration appelle l’opinion publique à privilégier une lecture objective du dossier PHC, fondée sur les réalités économiques et financières de l’entreprise plutôt que sur les calculs politiques.
Pour ses membres, l’urgence demeure la consolidation de la société, la sauvegarde des emplois et la protection des intérêts des communautés locales, loin des querelles politiciennes qui agitent la scène nationale.
Jeff Saile
