La question revient sur toutes les lèvres à Kisangani : à quoi servent les bourgmestres des six communes de la ville ? Pour de nombreux habitants, la réponse est amère.
Des marchés qui rapportent, des rues qui débordent
Chaque jour, les différents marchés de Kisangani génèrent des recettes perçues par les communes. Taxe d’étalage, droits de place, frais d’assainissement : l’argent entre. Pourtant, sur le terrain, le constat est sans appel. Aucune des six communes ne dispose d’une équipe stable et visible d’assainissement.
Les avenues sont jonchées d’immondices, les caniveaux bouchés, et les déchets s’entassent. Pendant ce temps, les commerçants s’interrogent sur l’usage des fonds collectés.
« Bouffer l’argent pour rien » : la colère monte
« Les bourgmestres bouffent l’argent des marchés pour rien », lâche, exaspéré, un vendeur du marché balese. « On paie chaque jour, mais on ne voit jamais une équipe venir balayer ou ramasser les ordures. Où va cet argent ? »
Ce cri de colère résume le sentiment de nombreux Boyomais. L’absence de résultats concrets sur la salubrité alimente la défiance envers les autorités communales.
Une redevabilité exigée
Face à l’insalubrité grandissante et aux risques sanitaires qu’elle entraîne, la population exige des comptes. La mise en place d’équipes communales d’assainissement stables et la transparence dans la gestion des recettes des marchés deviennent des urgences.
Les six bourgmestres de Kisangani sont désormais interpellés par leurs administrés : l’argent des marchés doit servir la ville, pas disparaître.
Espedi Saile
