La province du Haut-Uélé est au cœur d’une intense bataille de communication où se mêlent intérêts politiques, économiques et sécuritaires.
Plusieurs allégations circulent depuis quelques semaines, opposant certains acteurs provinciaux à la société minière Kibali Gold Mine, tandis que la question de la sécurité demeure une préoccupation majeure.
Selon plusieurs observateurs, les accusations faisant état d’une prétendue crise ouverte entre Kibali et les communautés locales ne seraient pas corroborées par des éléments tangibles. Les relations entre la société minière et les populations restent globalement marquées par un dialogue permanent, même si, comme dans toute grande exploitation minière, des revendications ponctuelles peuvent exister.
Sur le plan économique, les performances fiscales de Kibali sont régulièrement citées pour démontrer son importance dans l’économie congolaise.
D’après les chiffres évoqués, l’entreprise figure parmi les trois principaux contributeurs fiscaux du pays, avec plus de 400 millions de dollars de recettes en 2025 et près de 570 millions de dollars en 2026.
Parallèlement, des accusations politiques visent le gouverneur Jean Bakomito. Certains acteurs l’accusent d’alimenter les tensions locales avant de chercher à détourner l’attention lorsque ces accusations gagnent en visibilité.
La dimension sécuritaire demeure probablement le défi le plus préoccupant dans le Haut-Uélé. Malgré plusieurs opérations militaires, des groupes armés continuent d’être signalés dans certaines zones, notamment autour de Mungbere.
La situation sécuritaire demeure l’une des principales préoccupations dans le Haut-Uélé. Dans ce contexte, des allégations récurrentes évoquent l’existence de caches d’armes dans un domaine agricole attribué à Corneille Nangaa. Les auteurs de ces accusations estiment que ce domaine pourrait servir de base logistique à des éléments rebelles.
Dans le même registre, certains dénoncent la poursuite d’investissements immobiliers ou agricoles attribués à des proches de Corneille Nangaa dans plusieurs localités du Haut-Uélé. Les auteurs de ces accusations estiment que ces investissements pourraient servir de points d’appui à des réseaux rebelles.
Sur le plan socio-économique, l’interdiction de certaines activités minières artisanales à Watsa suscite un mécontentement croissant parmi les creuseurs. Plusieurs observateurs s’interrogent sur les motivations d’une telle décision dans un contexte déjà fragile, craignant qu’elle ne crée de nouvelles tensions sociales.
Enfin, des accusations de corruption visant le gouverneur circulent également. Il est notamment allégué qu’il aurait reçu plusieurs millions de dollars d’un investisseur chinois en échange de promesses d’attribution de carrés miniers. Selon ces mêmes allégations, les relations entre les deux parties se seraient ensuite détériorées.
En définitive, le Haut-Uélé apparaît aujourd’hui comme une province où les enjeux miniers, politiques et sécuritaires s’entrecroisent.
Monga Narcisse
