Rubrique :

Félix Tshisekedi ouvre le dialogue national, Vital Kamerhe salue une « rupture méthodologique inédite »

Après le discours de Félix Tshisekedi sur le dialogue national, Vital Kamerhe apporte un soutien clair à l’initiative présidentielle. L’ancien président de l’Assemblée nationale estime que cette démarche marque une rupture avec les précédents processus politiques, en plaçant les causes profondes des crises congolaises au cœur du débat et en donnant au peuple un rôle central dans la recherche des solutions.

Le discours de Félix Tshisekedi sur le dialogue national continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Parmi les prises de position les plus significatives, celle de Vital Kamerhe se veut particulièrement favorable à l’initiative du Chef de l’État.

Dans sa réaction, l’ancien président de l’Assemblée nationale considère que le dialogue annoncé constitue bien davantage qu’un nouveau rendez-vous politique. Il y voit une démarche appelée à modifier en profondeur la manière d’aborder les crises qui secouent la République démocratique du Congo.

Vital Kamerhe parle ainsi d’une « rupture méthodologique inédite », aussi bien dans l’agenda que dans l’approche retenue. Selon lui, le processus a le mérite de replacer les causes profondes des crises congolaises au centre du débat national, tout en faisant du peuple l’un des principaux acteurs de la réflexion.

Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, les Congolais ne doivent plus être de simples spectateurs des processus destinés à déterminer l’avenir de leur pays. Ils doivent participer au diagnostic, prendre part aux discussions et contribuer à la construction des solutions.

Cette approche devrait, à ses yeux, favoriser l’émergence d’un « véritable État stratège », capable de penser son avenir de manière souveraine, d’anticiper les crises, de mobiliser ses forces vives et d’engager les transformations nécessaires au progrès et à une paix durable.

Tirer les leçons des expériences passées

Vital Kamerhe rappelle que la RDC a déjà connu plusieurs grandes séquences de dialogue et de recherche de compromis politiques. De la Conférence nationale souveraine aux différents accords de paix, plusieurs engagements ont été pris et des compromis trouvés.

Mais le constat qu’il dresse est sans détour : ces processus n’ont pas toujours permis de s’attaquer aux racines des problèmes.

Selon lui, le pays a trop souvent privilégié la gestion des conséquences au détriment du traitement des causes profondes.

« Nous avons trop souvent signé sans transformer en profondeur, traité les conséquences sans toujours nous attaquer aux causes et différé ce que l’urgence nationale commandait pourtant de résoudre », relève-t-il.

C’est précisément cette logique que Vital Kamerhe appelle à dépasser à travers le nouveau processus.

Un soutien assumé à Félix Tshisekedi

Dans sa déclaration, il affirme sans ambiguïté son soutien à l’initiative du Chef de l’État.

« Je tiens à saluer, encourager et soutenir pleinement l’initiative de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État », affirme-t-il.

Vital Kamerhe rejette, par ailleurs, toute lecture qui ferait de ce dialogue le résultat d’une quelconque pression ou d’un simple calcul politique. Il présente plutôt la démarche comme l’expression d’une volonté souveraine de la RDC de réfléchir à son avenir dans un contexte particulièrement difficile.

À ses yeux, le pays se trouve face à « un moment de vérité », à l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Un moment qui doit, selon lui, être abordé sans compromission sur la souveraineté nationale et dans le strict respect des institutions de la République.

L’appel à la responsabilité collective

Au-delà du soutien à l’initiative présidentielle, Vital Kamerhe lance un appel à l’ensemble des Congolais.

Il estime que la réussite de ce processus ne pourra être garantie par la seule volonté du Chef de l’État. Elle dépendra également de la capacité des différentes composantes de la société congolaise à mettre leurs compétences, leur expérience et leur énergie au service de l’intérêt général.

Il invite ainsi chacun à contribuer à la réussite de ce qu’il qualifie d’« initiative historique », avec l’objectif de rompre définitivement avec le cycle des solutions provisoires et inachevées.

Pour lui, la RDC doit désormais être capable de construire des réponses durables à ses crises afin de permettre au pays de jouer pleinement le rôle qui lui revient sur le continent africain.

La paix en RDC, un enjeu qui dépasse les frontières

Dans sa réflexion, Vital Kamerhe élargit également la portée du dialogue aux enjeux régionaux et internationaux.

Il estime que la paix et le développement de la République démocratique du Congo ne constituent pas uniquement une aspiration du peuple congolais. Compte tenu du poids démographique, économique, géographique et stratégique de la RDC, la stabilité du pays concerne également l’ensemble de la sous-région et participe aux équilibres géostratégiques mondiaux.

Cette dimension, estime-t-il, confère une responsabilité particulière aux acteurs congolais appelés à participer au processus.

« L’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des intérêts particuliers »

Vital Kamerhe accorde également une place importante aux garanties annoncées par Félix Tshisekedi pour encadrer le dialogue.

Il considère que l’engagement personnel du Chef de l’État à créer les conditions d’une expression libre, d’une participation équitable et d’un débat responsable constitue un élément essentiel pour la crédibilité du processus.

Pour lui, toutes les forces qui choisiront de participer doivent être animées par une même exigence : placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des intérêts particuliers.

Une position qui traduit une adhésion claire de Vital Kamerhe à la démarche présidentielle, mais aussi une volonté de voir ce dialogue dépasser les traditionnelles confrontations politiques pour s’attaquer aux problèmes structurels du pays.

Son message final prend alors la forme d’un appel au patriotisme et à la solidarité africaine :

« Le Congo doit aimer le Congo et l’Afrique doit aimer l’Afrique. »

Une formule qui résume, dans son esprit, l’impératif de placer l’unité nationale, la souveraineté, la paix et le développement au cœur de cette nouvelle séquence politique.

Jeff Saile

dans la même rubrique

Le député Paul Babangu alerte : les ADF-MTN changent d’échelle et menacent désormais tout le...

Dans une analyse stratégique consacrée à l’évolution de la menace ADF-MTN, Paul Babangu, député national et diplômé du Collège...

La place Bayaka en ébullition : Amisi Makutano mobilise la Funa, Augustin Kabuya défie la...

Devant une foule annoncée à plus de 12 000 personnes, Amisi Makutano a transformé la place du marché Bayaka...

Après Paris, Daniel Bumba revient en conquérant et accélère la transformation de Kinshasa

Sacré à Paris pour son action à la tête de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki est de retour au pays...

RDC–UE : À Bruxelles, Aimé Boji exige un partenariat à la hauteur des intérêts stratégiques...

De l’aide au partenariat, de la dépendance à la coresponsabilité : devant les décideurs européens, le Président de l’Assemblée...

RDC–Chine : Louis Watum à l’assaut du géant minier JCHX !

En Chine, le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, passe à l’offensive pour attirer de nouveaux investissements, renforcer les...

À Gemena, la ministre Angèle Bangasa porte l’engagement du Gouvernement pour une mairie moderne et...

Mission officielle, mobilisation des autorités et pose de la première pierre : la Ministre déléguée chargée de la Politique...

Doudou Fwamba au cœur de l’exécution budgétaire 2025 : recettes à 80 %, déficit couvert...

Doudou Fwamba a défendu devant le Conseil des ministres le bilan de l’exécution budgétaire 2025, mettant en avant les...

KINSHASA : Le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki inspecte les travaux d’embellissement de plusieurs sites historiques...

Ce n’est plus un secret de polichinelle : l’embellissement de la ville de Kinshasa quitte désormais la phase des...