À l’issue d’une réunion extraordinaire tenue à Kinshasa, l’UDPS/Tshisekedi, sous l’impulsion de son président national ai Augustin Kabuya, a réaffirmé son adhésion pleine et entière au Dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Le parti présidentiel entend accompagner cette initiative jusqu’à son aboutissement, au nom de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État.




L’UDPS/Tshisekedi a choisi de clarifier sa position sans ambiguïté. Réunis vendredi 28 août à la permanence nationale du parti, à Limete, les principaux responsables de la formation présidentielle ont consacré une séance extraordinaire à l’examen de l’initiative annoncée par le chef de l’État.
Autour des instances dirigeantes du parti, la rencontre a rassemblé notamment des parlementaires nationaux et provinciaux, les responsables des ligues des femmes et des jeunes, ainsi que plusieurs cadres issus des fédérations de Kinshasa, de l’intérieur du pays et de la diaspora présents dans la capitale.
Au cœur des échanges : la ligne politique que doit adopter l’UDPS face au Dialogue national voulu par Félix Tshisekedi.
Augustin Kabuya et l’UDPS derrière l’initiative présidentielle
Au terme de cette réunion, le parti présidentiel a affiché un soutien présenté comme « total, ferme et sans réserve » à la démarche du chef de l’État.
Sous la conduite de son président national, Augustin Kabuya, l’UDPS entend ainsi se positionner comme l’un des principaux soutiens politiques du processus appelé à réunir les forces vives de la Nation autour des questions liées à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État.
Pour la formation présidentielle, Félix Tshisekedi ne saurait être présenté comme la source des crises auxquelles la République démocratique du Congo est confrontée. En tant que président élu et garant du fonctionnement des institutions, il doit plutôt, selon l’UDPS, être considéré comme l’un des acteurs appelés à rechercher des réponses aux difficultés qui affectent le pays.
Le parti insiste particulièrement sur le contexte sécuritaire dans l’Est de la RDC, marqué par la persistance de la guerre. Dans son argumentaire, l’UDPS établit également une différence entre la crise actuelle et la séquence politique qui avait précédé l’arrivée de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême.
Le parti présidentiel veut accompagner le processus
L’UDPS ne se contente pas de saluer l’annonce présidentielle. Le parti affirme sa volonté de participer activement à la dynamique engagée.
Pour Augustin Kabuya et les responsables de la formation présidentielle, le Dialogue doit constituer un espace permettant aux différentes composantes de la société congolaise de confronter leurs points de vue et de rechercher des compromis sur les grandes questions qui engagent l’avenir du pays.
Cette orientation intervient au lendemain de l’adresse de Félix Tshisekedi à la Nation. Le chef de l’État y a annoncé la mise en place d’un Dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État.
La démarche doit, selon les orientations présidentielles, commencer par des consultations dans les provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Les différentes catégories de la population sont appelées à y prendre part : acteurs politiques, société civile, autorités coutumières, confessions religieuses, jeunes, femmes, universitaires, scientifiques ainsi que représentants des secteurs économiques et professionnels.
Le calendrier annoncé fixe à trois mois au maximum la durée du processus. Deux ordonnances présidentielles doivent notamment déterminer les modalités pratiques de son organisation et mettre en place la structure chargée de conduire les travaux.
L’UDPS soutient un dialogue distinct du dossier AFC/M23
Sur la question sécuritaire, l’UDPS s’aligne également sur la distinction opérée par Félix Tshisekedi entre le Dialogue national et les discussions engagées avec les groupes armés.
Le chef de l’État a clairement indiqué que le Dialogue ne devait pas se transformer en nouvelle table de négociations avec les mouvements armés. Les discussions relatives à l’AFC/M23 demeurent rattachées au processus de Doha, tandis que les assises nationales doivent se concentrer sur les problématiques internes de la République.
Cette clarification constitue un élément important de la stratégie présidentielle : dissocier le règlement de la question armée dans l’Est des discussions nationales portant sur la cohésion politique, le fonctionnement de l’État et l’avenir institutionnel du pays.
« Rassembler pour mieux unir, dialoguer pour mieux avancer »
Pour l’UDPS/Tshisekedi, le contexte actuel commande davantage de rassemblement que de confrontation.
Le parti présidentiel estime que le Dialogue peut offrir un cadre permettant de réduire les tensions politiques et de faire émerger des convergences autour des intérêts supérieurs de la Nation. Il soutient également le principe d’une participation représentative et sécurisée, avec la volonté affichée par le chef de l’État d’empêcher toute confiscation du processus par un camp politique.
Cette prise de position de l’UDPS, portée par Augustin Kabuya et les principales structures du parti, intervient alors que le projet de Dialogue divise déjà la classe politique.
Certains responsables politiques, dont Vital Kamerhe, ont accueilli favorablement l’initiative présidentielle, tandis que la Coalition de l’article 64 (C64) s’y oppose ouvertement. Dans la société civile, plusieurs voix plaident pour une démarche concertée afin d’éviter la multiplication de cadres concurrents.
Dans ce paysage politique en recomposition, l’UDPS choisit donc de faire bloc derrière Félix Tshisekedi. Pour le parti d’Augustin Kabuya, le Dialogue doit désormais servir de levier pour rapprocher les Congolais, restaurer la confiance et ouvrir une nouvelle séquence politique autour de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État.
Jeff Saile
