Menaces de mort alléguées, absence d’ordre de mission et déplacement interprovincial controversé : l’élu national obtient la protection de la justice militaire


L’affaire fait grand bruit et soulève de sérieuses interrogations sur le respect des procédures par les forces de sécurité. L’honorable Jonas Tsundu-Tsundu, député national et membre du Bureau de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, affirme avoir été menacé de mort et intimidé jusque dans sa propre concession, située sur la Rocade, en direction d’Au Revoir Kongo Central.
L’affaire fait grand bruit et soulève de sérieuses interrogations sur le respect des procédures par les forces de sécurité. L’honorable Jonas Tsundu Tsundu, député national et membre du Bureau de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, affirme avoir été menacé de mort et intimidé jusque dans sa propre concession, située sur la Rocade, en direction d’Au Revoir Kongo Central.
Selon les informations rapportées, des personnes non autrement identifiées auraient fait irruption sur sa propriété accompagnées de deux policiers venus de Maluku, à Kinshasa. Ces derniers auraient été dans l’incapacité de présenter les documents administratifs ou judiciaires nécessaires pour justifier leur présence et leur intervention dans le Kongo Central.
Une situation qui soulève une question fondamentale : au nom de quelle autorité et dans quel cadre légal ces agents se sont-ils déplacés d’une province à une autre pour intervenir au domicile d’un élu national ?
L’Auditorat supérieur du Kongo Central intervient
Face à cette situation, l’Auditorat supérieur du Kongo Central aurait pris ses responsabilités afin de garantir la protection des droits de l’élu national et de faire respecter les procédures judiciaires.
Les deux policiers concernés auraient été mis à la disposition de la juridiction militaire compétente, en vue de permettre l’établissement des faits et la détermination des éventuelles responsabilités.
Une intervention qui rappelle un principe cardinal de l’État de droit : l’uniforme ne confère pas une immunité face à la loi.
Le paradoxe Jonas Tsundu-Tsundu
L’affaire revêt une dimension particulière en raison de la fonction exercée par la victime.
Jonas Tsundu-Tsundu est membre du Bureau de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale. Il participe ainsi, au sein de la représentation nationale, aux travaux liés aux questions de sécurité du pays.
Dès lors, que des agents des forces de sécurité soient, selon les faits rapportés, impliqués dans une intervention controversée jusque dans sa concession constitue un signal particulièrement préoccupant.
Une question s’impose alors :
Si un député national, deuxième vice-président de la Commission Défense et Sécurité, peut être confronté à une telle situation jusque chez lui, qu’en sera-t-il du simple citoyen qui ne dispose ni d’un mandat électif, ni de moyens institutionnels pour faire respecter ses droits ?
La sécurité doit protéger, jamais intimider
Cette affaire dépasse donc la seule personne de Jonas Tsundu Tsundu. Elle renvoie à une exigence plus large : celle du respect strict de la loi par tous les agents de l’État et de la protection effective de chaque citoyen.
La mission des forces de sécurité est de protéger les personnes et leurs biens, dans le respect des lois et règlements de la République. La force publique ne peut devenir une source d’inquiétude pour ceux qu’elle est précisément chargée de protéger.
La justice militaire est désormais appelée à établir les faits, entendre les différentes parties et déterminer les responsabilités éventuelles, conformément à la loi.
Car l’État de droit ne se proclame pas. Il se démontre dans les faits, particulièrement lorsque les institutions sont mises à l’épreuve.
JS
