La questeure adjointe de l’Assemblée nationale, la députée Grâce Neema Paininye, condamne fermement l’annonce de l’ancien président Joseph Kabila concernant la prise de tête d’un mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
Lors d’un point de presse, l’élue de la Grande Orientale a mis en garde contre les risques d’une nouvelle escalade de la violence en République démocratique du Congo. Elle appelle à privilégier la voie démocratique, à préserver l’intégrité territoriale et à soutenir les efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi en faveur de la paix.
Grâce Neema Paininye : « Un ancien Chef de l’État doit être un artisan de paix, pas de guerre »
L’honorable Grâce Neema Paininye, questeure adjointe de l’Assemblée nationale, hausse le ton face aux menaces qui pèsent sur la paix et la stabilité de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration ferme et sans équivoque, l’élue de la Grande Orientale a exprimé sa vive opposition à l’annonce de l’ancien président Joseph Kabila de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
Pour la députée nationale, une telle démarche soulève de sérieuses inquiétudes dans un pays meurtri depuis plus de trois décennies par des conflits armés, des agressions répétées et des crises sécuritaires dont les populations civiles sont les premières victimes.
« Le recours aux armes ne saurait être une voie légitime de conquête du pouvoir politique », a-t-elle rappelé, soulignant qu’aucune ambition personnelle ne peut justifier de nouvelles souffrances pour le peuple congolais.
À travers cette prise de position, Grâce Neema Paininye interpelle les acteurs politiques sur leur responsabilité historique dans la préservation de la paix, de la souveraineté nationale et de l’unité du pays.
Joseph Kabila appelé à privilégier la paix
Dans son intervention, la questeure adjointe de l’Assemblée nationale estime qu’un ancien président de la République, après avoir exercé les plus hautes fonctions de l’État, devrait continuer à servir son pays en contribuant à la consolidation de la paix et de la démocratie.
À ses yeux, l’expérience acquise au sommet de l’État devrait constituer un atout pour promouvoir le dialogue et prévenir les affrontements, plutôt que de favoriser une dynamique susceptible d’aggraver les tensions politiques et sécuritaires.
Pour étayer son argumentation, Grâce Neema Paininye évoque les exemples de plusieurs anciens dirigeants africains, notamment Olusegun Obasanjo du Nigeria, John Agyekum Kufuor du Ghana, Catherine Samba-Panza de la République centrafricaine et Macky Sall du Sénégal. Elle rappelle que d’anciens dirigeants peuvent continuer à jouer un rôle utile dans leur pays et sur le continent à travers des initiatives de médiation, de dialogue et de diplomatie.
L’élue de la Grande Orientale invite ainsi Joseph Kabila à mettre son expérience politique au service de la stabilité nationale, dans un contexte où la RDC a plus que jamais besoin de cohésion et de responsabilité.
Kisangani, une ville qui ne veut plus revivre les horreurs de la guerre
L’un des moments forts de cette déclaration concerne la mémoire douloureuse de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, et plus largement celle de la Grande Orientale.
Grâce Neema Paininye a rappelé les conséquences tragiques de la guerre de Six Jours, en juin 2000, lorsque les armées rwandaise et ougandaise se sont affrontées sur le sol congolais, plongeant la population de Kisangani dans une violence meurtrière.
Cette page sombre de l’histoire nationale demeure profondément ancrée dans la mémoire collective.
Les victimes et leurs familles continuent d’attendre la réparation des préjudices subis, notamment à travers le processus d’indemnisation lié au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).
Pour la députée, les souffrances endurées par les populations de Kisangani doivent servir de leçon à toute la classe politique congolaise.
La Grande Orientale ne doit plus revivre les tragédies du passé, et Kisangani ne doit plus jamais devenir le théâtre d’une nouvelle guerre.
Cet appel traduit la volonté de l’élue de replacer la protection des populations civiles au centre des préoccupations politiques et sécuritaires du pays.
Un appel à la communauté internationale pour des résultats concrets
Au-delà des acteurs politiques congolais, Grâce Neema Paininye s’adresse également à la communauté internationale. Elle appelle particulièrement les États-Unis d’Amérique, l’Union africaine et les Nations unies à intensifier leurs efforts diplomatiques afin de favoriser une paix durable en République démocratique du Congo.
Pour elle, les initiatives internationales ne devraient pas se limiter aux déclarations de principe, mais produire des résultats tangibles en matière de sécurité, de protection des populations et de respect de la souveraineté congolaise.
L’élue insiste sur la nécessité de faire prévaloir le droit international, de défendre l’intégrité territoriale de la RDC et de soutenir toute démarche susceptible de mettre un terme aux violences qui affectent particulièrement l’Est du pays.
Grâce Neema Paininye apporte son soutien à Félix Tshisekedi
Sur le plan national, la questeure adjointe de l’Assemblée nationale a réaffirmé son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans ses efforts pour défendre l’intégrité territoriale, restaurer la paix et préserver les institutions du pays.
Elle a également appelé les Congolais à dépasser leurs divergences politiques pour faire bloc autour des institutions républicaines et soutenir les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise ainsi que les autres services de sécurité mobilisés pour la défense du territoire et la protection des citoyens.
Dans son argumentation, la députée considère que la situation actuelle exige un sens élevé de la responsabilité politique et patriotique.
« L’heure n’est ni aux divisions ni aux calculs politiciens. Elle est à la responsabilité, à la solidarité nationale et à la défense de notre souveraineté », a-t-elle déclaré en substance.
Un message qui souligne, selon elle, l’urgence de privilégier l’intérêt supérieur de la nation face aux rivalités politiques.
La démocratie comme seule voie de conquête du pouvoir
Pour Grâce Neema Paininye, les divergences politiques sont inhérentes à toute démocratie. Elles doivent toutefois s’exprimer dans le respect de la Constitution, des institutions et des principes républicains.
Elle rejette ainsi toute logique de confrontation armée comme moyen de parvenir au pouvoir et rappelle que l’unité de la République démocratique du Congo doit rester au-dessus des intérêts individuels et partisans.
Son message s’adresse autant aux dirigeants politiques qu’à l’ensemble de la population : la paix, la souveraineté et l’intégrité territoriale constituent un patrimoine commun qui exige la vigilance et l’engagement de tous.
En conclusion de son point de presse, la questeure adjointe de l’Assemblée nationale a martelé une formule qui résume l’essentiel de sa prise de position et constitue le fil conducteur de son intervention :
« Un ancien Chef de l’État doit être un artisan de paix, pas de guerre. »
Par cette déclaration, Grâce Neema Paininye entend faire entendre la voix de la Grande Orientale dans le débat national sur la paix, la sécurité et l’avenir démocratique de la RDC. Son appel met en avant une exigence fondamentale : quelles que soient les divergences politiques, aucune ambition ne devrait prévaloir sur la vie des Congolais, la stabilité du pays et la préservation de son unité nationale.
Jeff SAILE
