À Université de Kisangani, le ministre provincial de l’Intérieur de la Tshopo, Michel Bakay Asuma, a soutenu son travail de Diplôme d’Études Supérieures (DES) au département des Relations internationales.Sa recherche a porté sur le thème : « Entreprises minières chinoises à l’épreuve des dynamiques contestataires des communautés locales en République démocratique du Congo ».
Dans ce mémoire, l’auteur analyse les tensions et contestations des communautés locales face aux activités des entreprises minières chinoises en République démocratique du Congo, avec un accent particulier sur la province de la Tshopo, notamment dans les territoires de Basoko et Banalia, sur la période allant de 2021 à 2025. L’étude s’inscrit dans le domaine des relations internationales et croise plusieurs approches, notamment la géoéconomie et la sociologie des conflits.
L’objectif principal de cette recherche est de comprendre pourquoi l’exploitation minière menée par certaines entreprises étrangères suscite des contestations au sein des populations locales. Sur le plan théorique, l’étude s’appuie sur le paradigme libéral des relations internationales, mettant en évidence les relations d’interdépendance entre États, entreprises multinationales et acteurs locaux. Toutefois, dans le contexte de la Tshopo, ces relations économiques peuvent aussi devenir des sources de tensions lorsque la gouvernance est faible et que les communautés locales sont peu impliquées.
Pour mener son analyse, l’auteur a mobilisé la méthode d’analyse stratégique développée par Michel Crozier et Erhard Friedberg, permettant d’examiner les jeux d’acteurs, les rapports de pouvoir et les stratégies des différents intervenants. La recherche s’est également appuyée sur l’analyse documentaire ainsi que sur des entretiens réalisés auprès des membres des communautés locales et d’autres acteurs du secteur minier.
Les résultats de l’étude révèlent que les contestations observées dans plusieurs localités de la Tshopo trouvent leur origine dans différents facteurs : manque d’information préalable des populations, cahiers de charges jugés défavorables, exploitation parfois illégale des ressources, destruction des moyens de subsistance locaux et exclusion des communautés des bénéfices issus de l’activité minière. Ces pratiques ont contribué à renforcer un sentiment d’injustice, entraînant des manifestations, des mémorandums et parfois des affrontements.
Le mémoire souligne également le rôle complexe de l’État congolais, à la fois régulateur du secteur minier et partenaire économique des entreprises, ce qui peut limiter sa capacité à arbitrer efficacement les conflits entre les compagnies minières et les communautés locales.
En conclusion, l’étude plaide pour une gouvernance plus inclusive et responsable des ressources naturelles, impliquant davantage les communautés locales dans les processus décisionnels. Selon l’auteur, cette approche est indispensable pour transformer la richesse minière de la RDC en véritable levier de développement durable et de paix sociale.
La soutenance de ce travail académique illustre l’engagement des cadres provinciaux dans la recherche scientifique et la réflexion sur les enjeux socio-économiques majeurs auxquels fait face la province de la Tshopo et la RDC en général.
Espedi SAILE
