L’opposition congolaise peut difficilement cacher le revers enregistré ce mercredi 3 juin à l’occasion de la journée dite de « ville morte ». Présentée comme un test grandeur nature de sa capacité de mobilisation, cette action révèle au contraire les limites de son influence dans la capitale congolaise.
À Kinshasa, longtemps considérée comme le bastion historique de l’opposition, les activités se poursuivent globalement normalement. Transport, commerces, marchés, ecoles et plusieurs services fonctionnent, traduisant une faible adhésion de la population au mot d’ordre lancé par les opposants.
Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre un basculement progressif du rapport de force politique dans la capitale sous le leadership de Félix Tshisekedi. Une grande partie de la population kinoise( 70%)semble continuer à lui accorder sa confiance, contrairement aux prévisions de ses adversaires politiques.
Cette démonstration de faible mobilisation sonne comme un avertissement pour l’opposition, appelée désormais à revoir sa stratégie et son discours face à une population de plus en plus exigeante et moins réceptive aux appels politiques jugés déconnectés des réalités quotidiennes.
Les regards se tournent également vers Joseph Kabila et Moïse Katumbi, perçus par certains comme des soutiens majeurs de cette initiative. À l’arrivée, cette journée pourrait apparaître comme un pari politique manqué, au regard de la faible mobilisation observée sur le terrain.
Jeff Saile
