De Grand Katende aux aéroports de N’djili et Luano, en passant par la Route du Fleuve et la RN4 : le Gouvernement accélère la transformation des ressources mobilisées en réalisations concrètes
Les chiffres commencent à parler. Sur les ressources mobilisées dans le cadre de l’émission inaugurale de l’Eurobond, 137,894 millions de dollars américains ont déjà été décaissés pour financer des projets structurants en République démocratique du Congo. Une première étape qui devrait être suivie, dans les prochains jours, de décaissements supplémentaires de plus de 200 millions USD.


Sous le leadership du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Gouvernement entend faire de l’Eurobond un véritable levier de transformation économique. L’objectif affiché est clair : convertir les ressources levées sur les marchés internationaux en infrastructures susceptibles d’avoir un impact direct sur le quotidien des Congolais.
Grand Katende et les aéroports au cœur des premiers décaissements
Sur les 137,894 millions USD déjà décaissés, 48,035 millions USD sont affectés au projet intégré de construction de la centrale hydroélectrique de Grand Katende, ainsi qu’à ses infrastructures de transport et de distribution d’électricité.
Ce financement vise à soutenir un projet stratégique pour l’amélioration de l’offre énergétique et le développement des activités économiques dans les zones concernées.
Parallèlement, 89,859 millions USD ont été décaissés pour les projets de modernisation des aéroports internationaux de N’djili et de Luano. Ces investissements doivent contribuer à renforcer les capacités des principales plateformes aéroportuaires du pays et à améliorer les conditions d’accueil et de traitement des passagers.
Plus de 200 millions USD dans les prochains jours
La programmation financière ne s’arrête pas à ces premières opérations. Plus de 200 millions USD supplémentaires doivent être décaissés dans les prochains jours pour soutenir deux projets routiers majeurs : la Rocade Nord-Est de Kinshasa, dite Route du Fleuve, et la RN4 Kisangani-Beni.
Ces infrastructures figurent parmi les projets susceptibles d’améliorer la mobilité, de renforcer les échanges commerciaux et de désenclaver plusieurs zones du pays.
À l’horizon de la fin de l’année, au moins 300 millions USD de décaissements complémentaires sont également attendus pour les projets de l’aéroport international de N’djili et de Grand Katende.
Traçabilité : les fonds sous contrôle des comptables publics
Au-delà des montants annoncés, la question de la gestion et de la traçabilité des ressources constitue un autre élément central du dispositif.
Les fonds sont exécutés sous la prise en charge des comptables publics, afin de renforcer le suivi de leur utilisation. Ils sont également logés dans des comptes créditeurs générateurs d’intérêts, ce qui permet de valoriser les disponibilités tout en contribuant à réduire le coût lié aux coupons à payer.
Cette architecture financière vise ainsi à concilier financement des investissements, traçabilité des ressources et optimisation du coût de la dette.
Du financement aux réalisations
L’enjeu est désormais celui de l’exécution sur le terrain. Routes, énergie et infrastructures aéroportuaires constituent les principaux bénéficiaires des premières ressources de l’Eurobond.
Pour le Gouvernement, la logique est donc de passer progressivement des ressources mobilisées aux ouvrages réalisés, afin que l’endettement contracté sur les marchés internationaux puisse se traduire par des actifs durables et des bénéfices tangibles pour l’économie congolaise.
Avec les prochains décaissements annoncés, l’enveloppe consacrée aux projets structurants devrait ainsi connaître une progression significative au cours des prochains mois.
L’Eurobond entre donc dans sa phase d’exécution concrète : les dollars mobilisés doivent désormais parler à travers les routes, l’électricité et les infrastructures.
Jeff Saile
