À quatre jours de la marche annoncée par l’opposition congolaise, Martin Fayulu se trouve à Paris. Le président national de l’ECiDé a quitté Kinshasa et est arrivé dans la capitale française lundi 10 août, au moment où l’opposition maintient son ultimatum au 15 août pour obtenir la convocation d’un dialogue politique inclusif.
Ce déplacement intervient alors que la manifestation annoncée est présentée par l’opposition comme un nouveau temps fort de sa contestation.
L’absence de Fayulu à Kinshasa, à quelques jours de ce rendez-vous, ne manque donc pas de susciter des interrogations.
Le leader de l’ECiDé sera-t-il de retour avant la manifestation ? Son déplacement à Paris répond-il à des raisons personnelles ou politiques ? Pour certains observateurs, Martin Fayulu aurait tout simplement choisi de s’éloigner de Kinshasa à l’approche de cette manifestation, au regard des dispositions sécuritaires évoquées par Augustin Kabuya pour encadrer la marche.
Cette absence intervient surtout à un moment où la capacité de l’opposition à mobiliser la population sera scrutée de près.
La stratégie sécuritaire de Kabuya en question
Dans le camp du pouvoir, Augustin Kabuya a récemment évoqué une approche différente face aux manifestations de l’opposition. Il a notamment appelé le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur à assurer un encadrement sécuritaire conséquent, tout en laissant l’opposition exercer son droit de manifester.
Selon cette lecture, la présence massive des forces de l’ordre, combinée à l’utilisation de moyens de surveillance tels que les drones, permettrait de documenter le déroulement de la marche et d’évaluer objectivement le niveau de participation.
Une perspective qui, selon certains observateurs proches du pouvoir, pourrait mettre l’opposition face à la réalité de sa capacité de mobilisation. Car au-delà des discours et des annonces, la marche du 15 août devrait surtout constituer un test grandeur nature de l’ancrage populaire de l’opposition à Kinshasa.
Fayulu absent au moment du test ?
C’est précisément sur ce terrain que l’absence de Martin Fayulu alimente les commentaires. Figure majeure de l’opposition, il est l’un des visages les plus connus de la contestation politique en RDC.
Son déplacement à Paris à quelques jours de la marche ne signifie pas nécessairement qu’il renonce au rendez-vous. Mais politiquement, le timing interpelle.
Alors que l’opposition promet une forte mobilisation, le 15 août devra permettre de mesurer sa capacité réelle à transformer ses mots d’ordre en mobilisation populaire. Et sans l’un de ses principaux leaders sur le terrain, la question de savoir qui portera la dynamique de cette manifestation reste entière.
Le 15 août pourrait ainsi devenir moins un simple rendez-vous de protestation qu’un véritable test de crédibilité pour l’opposition congolaise.
JS
